Mylène Manens : 50 ans de photos du Cap d'Agde à l'objectif
Mylène Manens : 50 ans de photos du Cap d'Agde

Du Rouergue au Cap d'Agde, Mylène Manens a passé une vie derrière l'objectif. À 52 saisons estivales dans la station héraultaise et 33 hivers à La Clusaz, elle incarne une élégance héritée des belles années du Cap, quand les tatouages ne sortaient pas des shorts et que torse nu sur le port le soir n'était pas encore la norme.

Le Cap d'Agde, terre de tous les possibles dans les années 70

Évoquer le Cap d'Agde avec Mylène Manens, c'est faire un bond dans un passé où tout semblait sourire aux audacieux. Une terre des possibles qui accueillit pionniers et "desperados" dans un melting-pot remuant qui forgea la réputation de la station. En 1974, elle achète son premier magasin au Môle. "Avec Georges, nous vivions dans l'Aveyron, à Villefranche-de-Rouergue, où nous faisions déjà de la photo. Dans ma famille, les Lacombe, nous comptions des photographes, des artistes et des ébénistes d'art. Mes arrière-grands-parents maternels étaient partis en Amérique pour construire les cabanes des gardes-barrières le long du chemin de fer vers l'Ouest."

D'un far-west à l'autre

Les débuts au Cap d'Agde ne furent pas faciles. "J'avais de la famille à Agde et mon cousin, qui exploitait l'hôtel Le Patriarche, m'avait dissuadée de venir. Le tourisme, les Agathois n'y croyaient pas trop. Moi-même, je craignais les moustiques." C'est pourtant lors d'un week-end au Cap initié par la famille Sirjean, de la Sogepro, voisins du Rouergue, qu'elle achète sa première affaire. Georges Manens, photographe réputé dans l'Aveyron, la rejoint trois ans plus tard. Leurs enfants, Rodolphe et Sophie, forment aujourd'hui la quatrième génération de photographes.

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Talons hauts et Cooper rose

À l'époque, peu de concurrents sur la photo. Les Manens assurent le développement des clichés, en noir et blanc notamment, et lancent le "filmage" : réaliser des photos dans les bars, restaurants, terrasses et discothèques. "Le Cap d'Agde, c'était la fête, le bonheur", se souvient Mylène. Son appareil photo autour du cou, elle arpente les quais, les soirées, les arènes du Cap et le club Pierre Barthes. "Quand tu as 30 ans, que tu n'es pas trop moche et que tu portes des talons, ça ouvre des portes." Le jour, elle sillonne la ville au volant d'une Cooper 1300 S rose.

Tous les clichés n'étaient pas bons à prendre

L'été, les soirées s'enchaînent à un rythme effréné. "Tout le monde sortait. Entre commerçants, il y avait une bonne entente. Et le lendemain, il ne manquait personne au boulot." La Rhumerie, Le Braséro, L'Agathé Tyché, La Madragde, la pizzeria Pappini, La Gargoulette, les soirées gay de La Scala, sans oublier Le Pacha où Sam Bouadana et son épouse Gilda recevaient comme personne. Toujours, la volonté de saisir par l'image les petites histoires du Cap, ses nuits arrosées où tous les clichés n'étaient pas bons à prendre, notamment quand les notables biterrois venaient s'encanailler. Une époque dont il ne reste que l'essentiel : des photos qui rappellent que parfois, c'était mieux avant.

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