Mardi 19 mai, à l’initiative de Sandrine Renault, professeure documentaliste, un nouvel invité est venu parler d’un des aspects de son travail au lycée Joseph-Vallot de Lodève. Christophe Fortin présentait aux élèves une exposition de ses photos sur le thème des bidonvilles de Montpellier. Ce photographe de presse, qui a repris son statut d’indépendant, profondément humaniste, passe beaucoup de temps à rencontrer les gens, les comprendre, échanger avant de proposer de les photographier. Après avoir laissé les élèves parcourir l’exposition, il leur a demandé ce qu’ils ressentaient par rapport aux photos, essentiellement des portraits.
Une migration économique
« Ces gens sont victimes d’une migration économique, liée à la guerre. Ils ont quitté la Syrie, la Libye, la Roumanie pour avoir un contrat de travail et un logement. Mais c’est difficile… », explique le photographe. Depuis 2024, ceux qui sont européens peuvent se déplacer dans l’Espace Schengen. Dans les bidonvilles de Montpellier, certains ont un travail : Daniel est plaquiste, Victor fait des ménages à La Grande-Motte mais il n’arrive pas à avoir de CDI. Des femmes travaillent dans des hôtels, certains récupèrent des objets qu’ils vendent sur les marchés. Parfois ils n’ont pas de papiers. Cependant, certains arrivent à travailler et avoir un appartement décent. Il y a des caravanes très coquettes avec un auvent décoré sous lequel ils font la cuisine et se regroupent.
Des élèves touchés
« Même précaires, ils éprouvent de la joie », commente une élève. Christophe a voulu faire ce travail pour combattre toutes les fausses informations qui circulent : « Ce sont des voleurs, ils ne travaillent pas… », pour savoir pourquoi ils sont venus en France et faire passer de vraies informations. Alors, comment les aider ? « J’ai voulu interpeller, explique-t-il. L’important c’est d’informer. » Pour cela, Christophe Fortin discute de tout avec eux, de leur parcours, de leur histoire. Dans le livre d’or qu’il fait circuler il y a cette phrase : « Dans la beauté de ces photos, on retrouve toute une vie. Leurs vies. Merci d’avoir capturé ces moments. Signé A. » Des propos et des échanges qui, comme les clichés, ont touché les élèves.



