À 59 ans, Stéphane Goulvant est le taulier de la plage de Foncillon, à Royan. Il en connaît le moindre grain de sable. Ici, c'est sa deuxième maison. « On peut dire que j'y passe ma vie sept jours sur sept d'avril à novembre. Mais il y a pire avec en face une vue imprenable sur la pointe du Médoc », précise celui qui a commencé à user ses fonds de culotte très tôt au Parasol, un petit bar de plage datant de 1962 repris par son oncle et sa tante Albert et Monique Elizondo en 1976.
« J'avais dix ans que j'étais déjà dans leurs pattes. Je passais le balai. Je préférais être là qu'au club Mickey », s'en amuse aujourd'hui l'intéressé qui, cinquante ans après, ne rechigne toujours pas à faire le ménage lorsqu'il arrive le matin. Depuis que sa cousine Marie-José, avec laquelle il avait repris l'affaire en 2000, s'est mise en retrait pour des raisons de santé il y a six ans, Stéphane Goulvant est désormais seul à la tête de ce qui est devenu assez vite un véritable bar restaurant les pieds dans le sable, à l'ombre du Palais Royan Événements.
Une histoire familiale
« Lorsque mon oncle et ma tante sont arrivés ici c'était très sommaire. Ils ont développé l'activité autour d'une cuisine basque, leur terre de naissance », raconte le restaurateur qui est passé par la salle, la cuisine. « J'y ai fait toutes les saisons. L'été j'étais là et l'hiver je partais à Val-d'Isère, en Savoie. » Au grand dam de son père Claude et de son grand-père Marcel qui auraient sans doute préféré qu'il reprenne le garage automobile de l'avenue de la Libération. Mais le cambouis, ce n'était pas son truc.
Voilà donc cinquante ans que cette famille fait partie du paysage de Foncillon. Et ça se fête ce week-end. « On a une clientèle d'habitués. Ici, c'est très familial. On est un peu hors du temps avec cette impression de tranquillité et de calme alors qu'on est à deux pas du centre-ville et de son agitation », constate le maître des lieux qui n'a pas eu, comme ses petits camarades du boulevard Garnier, à démolir son restaurant pour obéir à la loi Littoral. « Nous sommes sur le domaine communal », explique-t-il.
Un anniversaire en chansons
De l'aménagement des débuts, le restaurateur a conservé sur une terrasse annexe ouverte quelques parasols qui faisaient l'identité du lieu et qui lui ont donné son nom, mais la terrasse principale est quant à elle couverte et fermée par une pergola rétractable. « De 20 places lorsqu'on a ouvert en 1976 on est passé aujourd'hui à 145 couverts », note le Royannais qui peut jongler en fonction des aléas de la météo. Les samedis soirs sont animés au Parasol, les pieds dans le sable.
Il lui faut aussi surveiller les périodes de grandes marées. « Lorsqu'il y a de forts coefficients, ça monte jusqu'au pied du restaurant. Il est même arrivé que la terrasse du bas soit submergée par une vague. Je m'en souviens bien parce que c'était en pleine saison et que nous étions complets. Il a fallu tout nettoyer et redresser les tables… » Épaulé par le chef de cuisine Erick Alvarez, « mon petit-cousin », qui est revenu au bercail après avoir roulé sa bosse à Face à New York ou à l'Arrosoir, et par la responsable de salle Laurie Usal, Stéphane Goulvant s'attend à faire une bonne saison. « Le mois d'avril a été bon. » Ce samedi soir, en tout cas, il va faire le plein avec une animation en chansons menée par le duo des Zi'Xo Lionel Evans et Bruno Papot. De la bonne humeur au programme.



