Pont du Diable : à qui appartient-il vraiment entre Aniane et Saint-Jean-de-Fos ?
Pont du Diable : propriété partagée entre Aniane et Saint-Jean

Un pont légendaire, une propriété partagée

Le pont du Diable, monument emblématique de l'Hérault, suscite depuis longtemps des interrogations sur sa localisation précise. Entre Aniane et Saint-Jean-de-Fos, la confusion a été entretenue pendant des années. Pourtant, une certitude demeure : il n'appartient pas à Saint-Guilhem-le-Désert. Alors, à qui revient ce pont chargé d'histoire ? Les relevés cadastraux et les cartes géographiques sont formels : le pont médiéval est situé pour moitié sur Aniane et pour moitié sur Saint-Jean-de-Fos.

Une construction médiévale aux origines légendaires

Le pont du Diable a été construit à partir de 1025, grâce à un financement conjoint des abbayes d'Aniane et de Gellone. L'abbaye de Gellone rémunérait le maître d'œuvre, tandis qu'Aniane fournissait les matériaux : pierres, bois, plomb, fer, chaux, sable et cordes. La légende raconte que sa construction serait le résultat d'un pacte entre le diable et Guilhem, fondateur de l'abbaye de Gellone. Victime d'une ruse, le diable se serait jeté de rage dans le gouffre noir, donnant naissance à la tradition des pèlerins de Compostelle qui lançaient une pierre dans le fleuve pour empêcher son retour.

Un site touristique majeur

Le pont du Diable est l'un des sites les plus visités de l'Hérault, attirant baigneurs et touristes grâce à son cadre magnifique. En 1931, un nouvel ouvrage plus large et plus haut a été construit en amont, et la circulation sur le pont médiéval a été fermée en 1932. Les cartes du Géoportail et du SIG montrent clairement la limite communale passant au milieu du pont, mettant fin à toute rivalité. Les habitants des deux villages entretiennent d'ailleurs des relations amicales, comme en témoignent les nombreux échanges et mariages.

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Les maires : une joute amicale

Philippe Salasc, maire d'Aniane, déclare : « Il n'y a aucune guerre, juste une joute amicale. On se chambre gentiment entre villages voisins. » Il souligne l'importance du site, qui accueille la Maison du Grand Site, le parking et la plage côté Aniane. Pascal Delieuze, maire de Saint-Jean-de-Fos, renchérit : « C'est un vrai emblème qui nous réunit ! » Il précise que la première arche du pont est côté Saint-Jean, tandis que la pile marque la limite. Les deux élus travaillent ensemble pour développer le tourisme et préserver le site.

Des habitants attachés à leur patrimoine

Cédric, né à Saint-Jean-de-Fos et amoureux d'Aniane, exprime son attachement : « Je le connais rive gauche et rive droite. Je rêve de voir des spectacles son et lumière, des feux d'artifice. » Brigitte, habitante de Saint-Jean, se souvient : « On était en admiration devant ce site. Pour tout le monde, les premières amours, c'était là-bas ! » Elle regrette que le pont ne soit pas éclairé la nuit, gâchant selon elle une opportunité de mise en valeur.

Un patrimoine mondial protégé

Le pont du Diable, long de 65 mètres et haut de 16 mètres, est inscrit aux monuments historiques depuis le 5 avril 1935. Il a été classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1998 au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France. Son architecture, de style lombard, témoigne du savoir-faire des bâtisseurs du XIe siècle. Aujourd'hui, il reste un symbole fort de l'histoire et de l'unité entre Aniane et Saint-Jean-de-Fos.

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