Du 14 au 17 mai, le Pasaia Itsas Festibala réunit plus d'une centaine de bateaux traditionnels dans la baie du port basque situé de l'autre côté des Pyrénées. Parade maritime, visites de navires historiques, culture autochtone canadienne : la quatrième édition voit grand. Voiliers centenaires, vieux gréements, embarcations traditionnelles. Pendant quatre jours, du jeudi 14 au dimanche 17 mai, la baie de Pasaia va se transformer en décor de film d'aventures, grandeur nature.
Un événement biennal pour valoriser le patrimoine maritime
Organisé tous les deux ans depuis 2018 au cœur de la commune basque de la région du Guipuscoa, le Pasaia Itsas Festibala réunit cette année encore une centaine de navires venus du monde entier. Spectacle haut en couleur pour les curieux, l'événement entend aussi mettre en avant le patrimoine maritime local et rappeler le rôle historique de la cité. Considéré entre le XVIe et le XVIIIe siècle comme l'un des principaux ports baleiniers d'Europe, Pasaia a influencé le développement des industries maritimes et attiré plusieurs figures illustres : Victor Hugo, le marquis de La Fayette, le navigateur Blas de Lezo ou le roi d'Espagne Charles IV.
Le Canada, invité d'honneur
Invité d'honneur de cette édition, le Canada permettra au festival de revenir sur cinq siècles de relations entre les marins basques et les côtes canadiennes. Originaire des forêts boréales du Québec, le peuple Atikamekw Nehirowisiwok, également invité, présentera son savoir-faire ancestral autour de la construction de canoës en écorce de bouleau. La culture inuite sera également mise à l'honneur.
Le "San Juan" en vedette
Le festival s'ouvrira jeudi 14 mai à partir de 18 heures avec la spectaculaire parade maritime pendant laquelle les navires font leur entrée dans la baie. Les regards se tourneront alors tout naturellement vers le "San Juan", star de cette quatrième édition. Le galion baleinier basque du XVIe siècle avait sombré en 1565 à Red Bay, au Canada, avant que la découverte de son épave quasi intacte, en 1978, n'aide à sa reconstitution. La réplique, construite pendant onze ans dans les chantiers d'Albaola, avait été mise à flot l'an dernier devant une foule compacte. Elle doit réaliser, au printemps 2027, un périple direction les côtes du Canada, sur les traces de l'original. Cette semaine, elle sera amarrée à Pasai San Pedro et pourra, pour la première fois, être visitée sur l'eau pendant toute la durée du festival.
Des navires prestigieux
D'autres bâtiments remarquables mettront les voiles direction Pasaia, à l'instar du "Morgenster" qui, avec ses 48 mètres, sera le plus grand de tous. Et l'un des plus illustres. Réquisitionné par la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale, il passa entre les mains d'un chanteur de Rotterdam qui y installa une radio pirate dans les années 1970, avant de devenir aujourd'hui une référence dans le domaine de la formation à la voile. Autres attractions : l'"Étoile du Roy", réplique d'une frégate corsaire de 1745 aperçue récemment dans le film "Napoléon" de Ridley Scott, la goélette "Evangelina" ou le voilier de travail "Notre-Dame de Rumengol". En plus d'une centaine d'embarcations de plus petite taille qui jetteront également l'ancre.
Les visites et excursions doivent être réservées sur le site du festival. Compter entre 2 et 5 euros pour les visites, jusqu'à 20 euros pour les sorties en mer.



