Le moulin du XIVe siècle renaît en Périgord noir
Moulin du XIVe siècle renaît en Périgord noir

Acquis par Élisabeth et Pascal Cazenave alors qu’il menaçait ruine, le moulin du XIVe siècle de Saint-Vincent-Le-Paluel devrait de nouveau moudre du grain pour en faire de la farine quand ses propriétaires auront terminé sa remise en état. Ils le feront visiter ce week-end, lors des Journées européennes des moulins.

Le moulin prenait l’eau. Un comble pour cet ouvrage destiné à capter l’eau pour en utiliser la puissance, afin de faire tourner les meules en pierre destinées à broyer le grain et le transformer en farine. C’était l’usage du moulin banal de Saint-Vincent-le-Paluel, en Périgord noir, qui, selon le système féodal, dépendait du château du village. « Chaque moulin à eau avait un contingent, une sorte de droit à produire que le seigneur local accordait au meunier pour être rémunéré selon un prix fixé par lui », explique Pascal Cazenave, nouveau propriétaire du moulin.

Quand, avec son épouse Élisabeth, il récupère le moulin, il est à l’abandon. « Les moulins étaient rachetés pour leur contingent, raconte Pascal Cazenave. On les dépouillait de leur contenu pour qu’ils ne puissent plus servir et ne fassent pas concurrence au moulin de l’acquéreur. » Le couple, déjà propriétaire de la maison du meunier adjacente, rachète en 1996 le moulin en ruine. Il trouve dans la bâtisse deux meules de pierre, protégées par un toit en lauze, typique du Sarladais, qui menace de s’écrouler. Les gros travaux commencent.

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Si faut restaurer d’urgence la bâtisse, il faut aussi intervenir sur le canal, le bief qui passe sous le moulin, et restaurer sa vocation initiale. Il faudra du temps pour remettre en état le fonctionnement du rouet, cette roue horizontale actionnée par la force de l’eau qui met en mouvement la meule. Mais, pour ne pas s’affaisser, victime des inondations à répétition, le moulin doit retrouver son canal qui, comme son nom l’indique, canalise l’eau à l’aide de vannes et la fait circuler sous une voûte aménagée en sous-sol. Le canal, habituellement alimenté par le cours d’eau l’Énéa, est à sec à cause d’un arbre tombé sur le barrage en amont.

Commence alors un autre travail pour remettre en état le bief, un bras du cours d’eau Énéa qui passe sous le moulin avant de rejoindre le milieu naturel. S’ouvre alors un autre chantier, administratif celui-ci, pour être conforme à une réglementation sur l’eau, très contraignante. Les Cazenave s’emploient à mettre aux normes leur ouvrage, restaurent le barrage, font installer une passe à poissons pour assurer la continuité écologique. Hélas, leurs efforts ont été mis à mal, l’hiver dernier, à cause d’un arbre tombé sur l’ouvrage en cours d’aménagement. Le moulin ne retrouvera pas sa vocation première de sitôt.

Pas de quoi décourager les propriétaires qui se sont équipés du mobilier et des outils anciens nécessaires pour faire fonctionner leur moulin, dont une partie a été aménagée en maison secondaire. Élisabeth œuvre à différents échelons pour préserver et faire redécouvrir le patrimoine meulier. Elle est présidente de l’Association des moulins de Nouvelle-Aquitaine, administratrice de la Fédération des moulins de France et membre du Comité national de l’eau. Pascal, tout aussi passionné, est trésorier de la Fédération. Ils sont heureux d’ouvrir leur moulin (191 Chemin du Moulin Bas à Saint-Vincent-le-Paluel) et d’en expliquer le fonctionnement lors des Journées européennes des moulins, samedi 16 et dimanche 17 mai.

Une quinzaine de sites sont ouverts en Dordogne lors de ces journées, parmi lesquels le moulin de Salles à Tocane-Saint-Apre, le moulin du Pont à Montagrier, le moulin du Duellas à Saint-Martial-d’Artenset, le moulin de la Veyssière à Neuvic-sur-l’Isle, le moulin de la Rouzique à Couze-Saint-Front, le moulin du Vieux Pont à Saint-Jean-de-Côle, le moulin de la Baysse à Excideuil, la minoterie Duchez à Comberanche-Epeluche, la filature de Belvès, le moulin à vent de Citole à Sadillac, le sentier des meulières à Saint-Crépin-de-Richemont, le moulin Bas à Saint-Vincent-le-Paluel et le moulin de la Commanderie à Condat-sur-Vézère.

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