La Maison Louis-XIV de Saint-Jean-de-Luz célèbre 50 ans d'ouverture au public
Maison Louis-XIV : 50 ans d'ouverture au public à Saint-Jean-de-Luz

Un demi-siècle de partage pour la maison historique de Saint-Jean-de-Luz

Le week-end des 1er et 2 avril 2023 a marqué une étape importante pour la maison Lohobiague de Saint-Jean-de-Luz, plus connue sous le nom de Maison Louis-XIV. Cet édifice exceptionnel, qui a accueilli le roi Louis XIV lors de son mariage avec l'infante Marie-Thérèse d'Espagne en 1660, célébrait précisément cinquante années d'ouverture au public, initiées le 12 juillet 1973 par Henry Leremboure.

Une demeure familiale chargée d'histoire

Construite dès 1643 par l'armateur Joannis de Lohobiague, cette maison remarquable est restée dans la même famille depuis 380 ans, traversant quatorze générations. Henry Leremboure, actuel propriétaire et descendant direct, explique avec émotion son attachement à ce patrimoine unique. « C'est avant tout une responsabilité », confie-t-il, évoquant l'héritage familial qu'il a endossé pleinement après le décès de son père en 2000.

La transmission s'est faite selon le principe « à plaisir et à charge », une formule qui résume parfaitement le double sentiment des propriétaires : la fierté de posséder un tel joyau et le devoir de le préserver pour les générations futures. Henry Leremboure se souvient avec tendresse de ses vacances d'enfant chez sa tante Jeanne, avant que son père Paul-André ne reprenne la gestion de la maison en 1968.

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L'évolution des visites et la reconnaissance patrimoniale

Les premières visites, dans les années 1970, s'effectuaient avec un système de magnétophones à cassettes que les visiteurs activaient au son d'une cloche. Depuis, les formules se sont diversifiées : visites costumées, déambulations aux chandelles, parcours spécialisés pour enfants. L'année 2017 a même établi un record avec plus de 14 000 visiteurs.

Une étape déterminante a été franchie en 2005 avec le classement complet de la maison au titre des Monuments historiques. « Les générations précédentes avaient peur du classement, peur de se retrouver pieds et poings liés vis-à-vis du ministère de la Culture », reconnaît Henry Leremboure. Pourtant, cette décision s'est avérée précieuse, notamment pour le chantier de réfection des tourelles et de la toiture.

Un entretien financé par l'activité patrimoniale

L'entretien de cette demeure historique représente un investissement considérable. Ces vingt dernières années, plus de 1,2 million d'euros ont été investis dans des travaux de restauration. Le financement provient principalement des recettes des visites, des loyers des commerces du rez-de-chaussée et des subventions obtenues grâce au classement.

Le calendrier des travaux est toujours chargé. En 2023, la chambre royale fait l'objet d'une restauration minutieuse de ses décors. « Le problème, c'est que quand on a fini d'un côté, on doit recommencer de l'autre », souligne avec philosophie Henry Leremboure, chirurgien à la retraite.

Les trésors cachés d'une maison-musée

La plus grande satisfaction pour les propriétaires réside dans les découvertes inattendues que révèle la maison au fil des restaurations. Le plafond à la française du grand salon a ainsi livré un secret extraordinaire : sous plusieurs couches de peinture et de plâtre, des restaurateurs passionnés ont mis au jour une copie d'une gravure de Rubens datant de 1630.

Dominique Leremboure, l'épouse d'Henry, s'attache quant à elle à faire découvrir aux visiteurs les scènes de chasse à la baleine qui ornent la salle à manger, ancien cabinet d'armateur. Récemment, un livre de comptes manuscrit du XVIIIe siècle a été découvert dans une malle et confié à un historien pour analyse. « Il nous plonge dans le quotidien des armateurs de l'époque, avec tous les aléas de la vie maritime à Saint-Jean-de-Luz », s'enthousiasme-t-elle.

Une œuvre collective et familiale

La préservation de la maison Lohobiague représente une véritable œuvre collective. Henry Leremboure insiste sur la dimension familiale de ce projet : « À toutes les grandes étapes, tout le monde a été là : moi, mes frères et sœurs, nos cousins, nos enfants, les enfants des cousins. Tout ça dans la bonne humeur, sans grande prétention. »

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Pour conclure sur la philosophie qui anime leur démarche, le propriétaire cite Victor Hugo : « Il y a deux choses dans un monument : son usage et sa beauté. Son usage appartient à son propriétaire, sa beauté à tout le monde. » Une citation qui résume parfaitement l'esprit dans lequel Henry et Dominique Leremboure continuent d'ouvrir leur maison au public, partageant avec passion ce patrimoine exceptionnel qui appartient désormais à la mémoire collective.