Le Louvre sous le feu des critiques après le cambriolage de 2025
Le Musée du Louvre, à Paris, est au cœur d'une tempête politique et institutionnelle suite au cambriolage survenu le 19 octobre 2025. Une commission d'enquête parlementaire sur la sécurité des musées a rendu un bilan sévère, jeudi 19 février, après environ 70 auditions, dénonçant une chaîne de dysfonctionnements et une gestion défaillante.
Un musée devenu « un État dans l'État »
Le président de la commission, le député LR Alexandre Portier, n'a pas mâché ses mots lors d'une conférence de presse. « Le vol du Louvre n'est pas un accident, il révèle des défaillances systémiques du musée », a-t-il affirmé, soulignant un « déni des risques » et un pilotage aujourd'hui inadapté. Il a même comparé l'institution à « un État dans l'État », critiquant son fonctionnement isolé et une hyperprésidence jugée problématique.
Le rapporteur de la commission, Alexis Corbière (ex-LFI), a renchéri en évoquant « un cas particulier du Louvre dans son fonctionnement », pointant du doigt une concentration excessive des pouvoirs. Ces déclarations interviennent alors que le musée, le plus visité au monde, est fragilisé par le vol de joyaux de la Couronne française et une série de problèmes internes.
Appel à une reprise en main du ministère de la Culture
Face à ces constats alarmants, Alexandre Portier a appelé le ministère de la Culture, autorité de tutelle, à « reprendre la main ». Il a critiqué « la dérive des pouvoirs publics » dans la gestion du Louvre, estimant que les défaillances observées auraient conduit ailleurs à des départs depuis longtemps. La présidente du Louvre, Laurence des Cars, déjà sous pression, sera entendue mercredi par la commission, son maintien en poste étant ouvertement questionné.
De son côté, la ministre de la Culture, Rachida Dati, devra s'expliquer devant la commission d'enquête lundi après-midi. En partance du gouvernement pour briguer la mairie de Paris, elle est directement interpellée sur les responsabilités ministérielles dans cette affaire. La commission, constituée début décembre, rendra ses conclusions début mai, promettant des recommandations pour améliorer la sécurité et la gouvernance des musées.
Contexte de mobilisation et ouverture partielle
Dans un climat tendu, le personnel du Louvre maintient son préavis de grève engagé depuis mi-décembre pour de meilleures conditions de travail, sans avoir voté à nouveau pour une action. La direction a indiqué que le musée avait « ouvert partiellement » jeudi, sans fournir plus de détails, reflétant les difficultés opérationnelles persistantes.
Ce rapport à mi-parcours souligne l'urgence de réformes pour restaurer la confiance dans une institution emblématique, alors que des alertes sur les risques sécuritaires avaient été émises avant le cambriolage. Les prochaines auditions et conclusions de la commission seront cruciales pour l'avenir du Louvre et de sa sécurité.



