Le Belem, dernier trois-mâts français d'origine et fleuron du patrimoine maritime national, est amarré à côté du casino Joa à La Seyne-sur-Mer. Il est encore ouvert aux visites ce dimanche 25 avril. Ce voilier de 58 mètres de long pour 8,80 mètres de large (534 tonneaux, 1 500 m² de tonnage) est classé monument historique. Arrivé vendredi à 16 heures en provenance de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales), il repartira demain soir de La Seyne – où il avait hiverné entre 2023 et 2024 – pour Toulon, avant d'appareiller lundi soir pour Monaco.
Un navire chargé d'histoire
« Il ne laisse personne indifférent et marque les esprits. C'est un bateau qui a une âme », confie le commandant Mathieu Combot, capitaine du Belem depuis cinq ans, qui quittera ce dimanche soir avec émotion ses fonctions, « par choix familial », pour voguer vers d'autres horizons. Sa notoriété a encore augmenté depuis qu'il a transporté la flamme olympique en 2024.
Le Belem a sillonné les mers du globe en qualité de navire marchand de 1896 à 1913, avant de naviguer au titre de yacht de luxe britannique de 1914 à 1950, puis de navire école italien de 1951 à 1978. Il a été redécouvert « un peu par hasard, à l'abandon, dans un chantier naval de Venise puis de revenir à Brest en 1980 où il a été remis en état de naviguer », retrace le capitaine Combot. Sa restauration s'est poursuivie à Paris de 1982 à 1985 où il était amarré au pied de la Tour Eiffel.
2 000 visiteurs sur le pont
Parmi les 2 000 visiteurs et plus qui lui feront les honneurs de leur présence à son bord ce week-end, Marc Izorce, 74 ans, patron de pilotine retraité du port de Toulon, a déjà foulé le pont du Belem il y a plus de 50 ans. « C'était en 1974, raconte-t-il ce samedi matin à l'occasion d'une visite, accompagné de son épouse Jacqueline et d'un couple d'amis. Le voilier était alors amarré dans un triste état au quai Castigneau. Aujourd'hui, il est magnifique, unique et symbolise la nostalgie d'une époque disparue. »
À leurs côtés, Michèle et Laure Petel, venues de Six-Fours, sont « fans de bateaux. On les a tous visités, sauf le porte-avions Charles-de-Gaulle », s'extasient-elles en jetant un coup d'œil curieux et émerveillé à travers le hublot donnant sur le salon du commandant, tout en acajou. Cette partie du navire, comme d'autres que l'on peut deviner – le grand escalier en acajou de Cuba, la salle des machines, la timonerie, les ateliers du bosco et du charpentier – sont privées.
Des rencontres incroyables
Néanmoins, du gaillard d'avant au pont supérieur, en passant par la dunette, son impressionnante barre et la timonerie, les visiteurs peuvent prendre toute la mesure du mythique voilier. Aujourd'hui, le trois-mâts, propriété de la Fondation Belem Caisse d'Épargne, se partage entre ouvertures aux visites et accueil de stagiaires pour des séjours en immersion d'un à douze jours de navigation. Quarante-huit stagiaires prennent part à la vie du bord et aux manœuvres aux côtés de seize marins professionnels. « Des rencontres incroyables, des moments uniques, s'émeut le capitaine Mathieu Combot. Quand on est en mer et qu'on hisse les voiles, on comprend que c'est un travail collectif. Et quand on sent le bateau s'élancer rien qu'à la force du vent. Ce sont des moments magiques. »
Le Belem est amarré au parc de La Navale, en face du casino Joa. Les visites sont programmées ce dimanche de 10 h à 18 h (dernière montée 17 h 30). Les réservations en ligne sont complètes, mais une billetterie est ouverte sur le quai (prévoir de l'attente). Prix des visites : adulte : 9 €. De 6 à 12 ans : 5 €. Moins de 6 ans : gratuit. Personne en situation de handicap : gratuit. Bienfaiteurs du Belem : gratuit, sur présentation de la e-card (à demander auprès de la Fondation Belem).



