Fort Carré d'Antibes : l'art vivant réveille un monument historique jusqu'en 2026
Fort Carré d'Antibes : l'art vivant réveille un monument

Le Fort Carré d'Antibes se réinvente par les arts vivants jusqu'en 2026

Depuis le XVIe siècle, le Fort Carré veille sur la cité des remparts d'Antibes, mais sa silhouette minérale connaît aujourd'hui une métamorphose culturelle inédite. Jusqu'en octobre 2026, le programme « Architecture vivante » propose de redécouvrir cet ancien fort militaire à travers une programmation artistique pluridisciplinaire qui dépoussière littéralement les vieilles pierres.

Un monument aux multiples vies

Construit au XVIe siècle, le Fort Carré a successivement servi de caserne militaire, de terrain d'entraînement, de squat avant de devenir un vestige historique. « Le bâtiment a connu bien des vies et souvent changé de fonction », explique Maeva Guillemet, médiatrice culturelle de l'organisme rattaché à la Direction des musées de la Ville. L'objectif du nouveau programme est clair : permettre aux habitants de la région de se réapproprier le fort et de l'habiter pleinement.

Visites théâtralisées pour humaniser l'histoire

Dès ce dimanche, puis le 7 juin, des troupes de théâtre et des clowns investiront les lieux pour des visites théâtralisées originales. « Ce lieu de casernement s'apparentait à un enfermement où les soldats, pour beaucoup de simples cultivateurs au XIXe siècle, subissaient un profond ennui », souligne Maeva Guillemet. Ces ateliers, accessibles pour 5 euros tarif plein une fois l'entrée payée, permettent non seulement d'en apprendre davantage sur le Fort Carré, mais aussi de questionner le corps du soldat traditionnellement soumis à une discipline stricte.

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Musique, cinéma et graffiti au cœur de la fortification

Pour la fête de la Musique le 21 juin, le fort se transformera en grande scène ouverte, accessible gratuitement aux musiciens amateurs et professionnels sur présentation d'un instrument. Un piano sera même mis à disposition pour faire vibrer les murs de ce lieu historiquement militaire.

Le cinéma trouve naturellement sa place dans la programmation, le fort ayant servi de décor à des films cultes. « Le fort a notamment accueilli le tournage du James Bond Jamais plus jamais avec Sean Connery en 1983, ainsi qu'un film sur Napoléon réalisé par Sacha Guitry en 1955 », précise la médiatrice. À l'occasion des Journées européennes du patrimoine les 19 et 20 septembre, Full Metal Jacket de Stanley Kubrick et La Grande Illusion de Jean Renoir seront projetés dans une casemate habituellement fermée au public.

Les murs de pierre portent encore les traces émouvantes des soldats qui y ont séjourné. « Ils écrivaient partout pour compter les jours restants, avec des expressions comme "160 au jus" ou "200 jours à souffrir" », détaille avec passion Maeva Guillemet. En écho à cette histoire, le Festival international d'art urbain Coul'heures d'Automne investira le fort les mercredis 21 et 28 octobre avec des ateliers de graffiti.

De la musique au cinéma, du théâtre à la poésie et au graffiti, tous les arts vivants s'invitent ainsi dans les pièces de la fortification et ses embrasures béantes, autrefois destinées à accueillir des canons. Cette programmation ambitieuse transforme durablement la perception de ce monument historique, lui offrant une nouvelle vie culturelle jusqu'en octobre 2026.

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