Présentée dans l'église du village de Celles, l'exposition « Celles : une histoire hors du commun » retrace un demi-siècle de combat pour sauver le village des eaux du lac Salagou. Photographies inédites, coupures de presse et témoignages composent cette mémoire dont les nouveaux habitants sont aujourd'hui les héritiers.
Une question posée en 1969
Le 30 avril 1969, le journal Midi Libre publiait sous la plume de Georges Verune un article titré « La cuvette se remplira-t-elle ? ». Le lac Salagou venait d'être mis en eau après cinq années de travaux, et les détracteurs du projet pointaient que le cours d'eau destiné à remplir la bassine était « un trop petit ruisseau » charriant des terres rougies de bauxite. L'histoire a montré que le lac s'est rempli bien plus rapidement que prévu. Cette coupure de presse fait partie des nombreux extraits consultables à l'église de Celles.
Des archives photographiques précieuses
Une centaine de photographies et de panneaux racontent l'histoire du village, du barrage et du long combat des habitants pour garder la commune vivante. Une large part de ces images provient du travail de recherche de Mireille Nougaret, expropriée en 1969, qui a grandement participé au projet de réhabilitation de Celles. En 2021, elle a légué son travail à l'association Vivons Celles. Annie Audran, ancienne habitante du hameau de Pradines, a également contribué avec des clichés retraçant l'histoire plus sombre de ce hameau totalement rasé au début des années 1980. Pradines n'a pas eu la même destinée que Celles, mais les deux trajectoires se croisent dans l'exposition.
Une mémoire vivante
« Nous voulions raconter toute l'histoire du Salagou, pas seulement celle de Celles. Pradines est un témoignage de ce qui aurait pu nous arriver. Annie Audran nous a aussi légué ces photos. C'est très émouvant car, enfin, Pradines et Celles sont réunies en un seul et même lieu », confie Céline Brelaud, nouvelle habitante du village déterminée à faire vivre ce témoignage. « C'est un travail de mémoire et d'avenir à la fois. Nous n'arrivons pas dans un village où rien ne se serait passé. La suite de l'histoire est portée par le passé, par ce qui a été vécu ici. C'est important de retrouver et connaître cette histoire incroyable pour mieux vivre Celles et devenir des Cellois. Ce sont des gens qui n'étaient pas partis pour lutter toute leur vie et qui se sont battus pendant 50 ans pour refaire un village vivant. C'est magnifique. Ils n'étaient pas destinés à cela, ils ont été expropriés, ils ont transformé leur douleur, leur peine, en quelque chose qui nous permet, à nous, nouvelles familles, de nous installer et de vivre ici. Il faut tenir compte de tout cela, on ne peut pas arriver et habiter ici comme si nous étions hors sol. »
Informations pratiques
Tenue par des bénévoles, l'exposition sera visible tout l'été en l'église de Celles, les vendredis, samedis et dimanches de 10 h à 18 h.



