Bordeaux-Bastide : la démolition de la toiture historique en avril 1950
Démolition de la toiture de la gare Bordeaux-Bastide en 1950

La fin d'une époque pour la gare historique de Bordeaux-Bastide

Au début du mois d'avril 1950, un chantier d'envergure bouleversait le paysage ferroviaire bordelais. La toiture de la gare de Bordeaux-Bastide, anciennement dénommée gare d'Orléans, était méthodiquement démontée par une équipe d'ouvriers spécialisés. Cet édifice, témoin privilégié de l'âge d'or du chemin de fer, avait pourtant connu des heures glorieuses.

Une histoire ferroviaire mouvementée

Inaugurée en 1853, cette gare avait eu l'honneur d'accueillir le tout premier train en provenance de Paris, marquant ainsi une étape cruciale dans la connexion de la capitale avec le sud-ouest de la France. Pendant près d'une décennie, elle fut le point névralgique du trafic voyageurs bordelais. Cependant, le raccordement réalisé au nord de la gare Saint-Jean en 1861 sonna le glas de sa suprématie. Progressivement délaissée par les voyageurs, elle vit son trafic passager définitivement interrompu en 1951. Son salut viendra paradoxalement du fret, activité qui lui permettra de poursuivre son existence, bien que de manière plus discrète.

Un chantier de démolition spectaculaire

Le 3 avril 1950 précisément, les travaux de rajeunissement des bâtiments, décidés par la SNCF, prirent une tournure spectaculaire. Depuis plus d'un mois déjà, une équipe d'ouvriers s'était attelée à la tâche complexe de décoiffer l'ancienne gare. La verrière fut soigneusement enlevée en premier lieu, suivie de la toiture en zinc et enfin de la lourde charpente qui la soutenait. Monsieur Galtié, l'entrepreneur en charge des opérations, détailla la délicatesse de ce chantier qui concernait l'ensemble du hall, impressionnant par ses dimensions : cent vingt mètres de longueur pour trente mètres de largeur.

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Les ouvriers, souvent contraints de travailler à vingt mètres de hauteur, maniaient avec précaution les cent trente tonnes de fer, de charpente et de zinc qui constituaient l'ossature de l'édifice. Leur mission : décapiter méthodiquement l'ouvrage, permettant ainsi à la structure de respirer un air nouveau. Dans les semaines suivant cette opération, Bordeaux-Bastide devait effectivement s'ouvrir à la lumière, accueillant sous le ciel découvert les rares trains qui continuaient à lui rendre visite.

Un patrimoine photographique préservé

Les photographies qui documentent cet événement historique sont issues du fonds patrimonial Sud Ouest. Ces clichés, capturant des moments uniques de l'histoire ferroviaire régionale, restent disponibles à l'acquisition pour les passionnés et les chercheurs. Ils constituent une fenêtre précieuse sur un passé révolu, où l'architecture des gares symbolisait la puissance et l'ambition du transport ferroviaire.

Cette démolition marqua la fin d'une ère pour la gare de Bordeaux-Bastide, transformant à jamais son apparence et son rôle dans le réseau ferroviaire français. Elle rappelle combien les infrastructures évoluent au gré des nécessités techniques et économiques, laissant parfois derrière elles des vestiges chargés de mémoire.

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