La fin d'une géante : la station radio de Croix-d'Hins démantelée en 1951
Démantèlement de la plus grande station radio du monde en 1951

La disparition d'un géant des ondes en Gironde

Le 13 mars 1951 marqua un tournant dans l'histoire des télécommunications françaises. À Croix-d'Hins, en Gironde, l'ancienne plus grande station de radio du monde, construite par les Américains en 1918, vivait ses ultimes instants. Cette infrastructure colossale, témoin des avancées technologiques du début du XXe siècle, allait être démantelée après des décennies de service et de dommages de guerre.

Une décision administrative irrévocable

Quelques semaines avant cette date fatidique, l'administration des domaines avait donné son accord pour la destruction de trois des quatre pylônes monumentaux du site. Seul le dernier devait être préservé, réaffecté à la Défense des Forêts Contre les Incendies (D.F.C.I.). Cette station, qui avait dominé le paysage girondin depuis son installation en 1918, était donc condamnée à disparaître, scellant le sort d'un symbole de la puissance radiophonique d'antan.

Les stigmates de la guerre et l'abandon

Les ravages de la Seconde Guerre mondiale avaient déjà fortement endommagé l'infrastructure. En 1944, l'ennemi avait fait sauter deux pylônes ainsi que le poste de commandement et les annexes de la radiodiffusion. Ces destructions partielles rendirent la station inutilisable, la vouant inexorablement à l'abandon. Une entreprise de Concarneau acquit finalement les tours métalliques pour les livrer à la ferraille, initiant ainsi les opérations de démolition.

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Le spectacle impressionnant de la destruction

Le mardi 13 mars 1951, à 13 heures précises, M. Pernel, maître artificier chargé de l'opération, entama les préparatifs de l'explosion du premier pylône. Il plaça sous deux piliers une charge totale de soixante-et-onze kilos de dynamite, tout en maintenant une liaison radio avec les techniciens de la D.F.C.I. pour coordonner la mise à feu et alerter les services de sécurité.

À 13h51, l'explosion fut déclenchée. Le pylône, haut de 256 mètres, fut secoué par un violent tremblement, oscilla sur ses assises avant de s'abattre dans la lande en seulement dix secondes. Le fracas des ferrailles se mêla aux gerbes d'eau et de sable projetées dans l'air, tandis que des débris s'éparpillaient sur des centaines de mètres. Les 1 000 tonnes de fer ne formèrent plus au sol qu'un amas de morceaux tordus et brisés, témoignant de la violence de la démolition.

La suite des opérations et les vestiges

Les opérations se poursuivirent les jours suivants, avec la destruction programmée de deux autres pylônes jeudi et vendredi. Les démolisseurs prévoyaient ensuite de déblayer le terrain en trois mois, laissant comme unique vestige du passé la tour métallique conservée pour la D.F.C.I., dont la fine silhouette continuerait à se dresser vers le ciel girondin.

Cet événement marqua la fin d'une ère pour la station de Croix-d'Hins, autrefois fierté technologique mais devenue obsolète et endommagée. Les archives photographiques de Sud Ouest conservent la mémoire de ces moments historiques, disponibles pour les passionnés d'histoire régionale.

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