La deuxième sortie dominicale (la dimenjada) du Grop de l’Euze a été une belle réussite, confirmant sa capacité à proposer un programme riche et varié. Malgré la concurrence d’animations patrimoniales dans l’ensemble du Haut-Cévenol, un public nombreux a participé à toutes les activités.
Des traductions de haute voltige
Les participants ont notamment apprécié la traduction inversée de contes de Jean-Pierre Chabrol par Patric Sauzet, ainsi que ceux de Robert Lafont par Claire Torreilles. Tous deux étaient accompagnés de Lucien et Gabriel, membres locaux du Grop, un peu impressionnés par « la haute voltige que représente le fait de présenter sans filet deux pointures de la traduction ». Gabriel a ensuite renouvelé l’expérience au côté de Jordi Peladan autour du roman policier en occitan, un genre qui contribue à développer un véritable tourisme des thrillers.
Le public au rendez-vous
Cette journée a aussi été marquée par une belle reconnaissance mutuelle entre spécialistes, souvent universitaires, et membres locaux passionnés, capables de les émouvoir par des lectures à plusieurs voix. Cela s’était déjà illustré dès 11 heures avec la présentation officielle du livret Camin de letras, fruit de quatre années de collecte, de recherches, de discussions et de mise en page. Ce guide accompagne une itinérance culturelle à pied reliant le Puy-en-Velay à Saint-Gilles-du-Gard.
Les organisateurs parlent d’une itinérance « augmentée » et même « réenchantée », permettant de découvrir de nombreux extraits d’auteurs variés. Une initiative saluée par Patrick Malavieille, qui présidait la présentation au nom de la culture et du département du Gard.
Musique et traditions
Tout au long de la journée, musique, chants et danses traditionnelles ont animé l’événement. Le maire de Saint-Gilles, en véritable Sudiste, a même joué du galoubet avant de rejoindre le repas des bénévoles, qui s’est terminé dans la convivialité, avec une touche originale : le Grop a chanté Les corons en occitan. À l’extérieur, sous un soleil radieux, Sylvain Granier, professeur d’occitan au collège, a organisé un tournoi mémorable de tambornet. Hommes, femmes et enfants de tous âges s’y sont affrontés dans la bonne humeur et l’enthousiasme. Les tambours, ornés de la croix occitane et fabriqués dans l’Hérault, laissent espérer l’implantation en Cévennes de ce sport patrimonial qu’est la balle au tambourin.



