Des dizaines de bénévoles se relaient tous les samedis pour procéder aux travaux de restauration du colombier de Saint-Germain-du-Salembre. Un engouement contagieux au service du patrimoine. Le devis a été fait ; il s'élève à 250 000 euros. Six chiffres, c'est beaucoup trop pour une commune de 900 habitants, surtout pour restaurer un vieux colombier en ruines, envahi par la végétation… Bénéfice immédiat attendu pour les administrés : néant. Projet abandonné ? C'est bien mal connaître les villageois de Saint-Germain-du-Salembre.
Un projet fédérateur
Depuis septembre 2025, plusieurs dizaines de bénévoles se relaient tous les samedis matin pour redonner son lustre à la bâtisse du XVIIe siècle. « Nous avons constitué deux équipes. L'une se consacre au mur d'enceinte, l'autre au colombier à proprement parler », dépeint la maire de la commune, Sandra Paillot, les mains dans les ronces. Elle a été sollicitée il y a plusieurs mois par l'association Patrimoniales de la vallée du Salembre, et son coprésident, Jean-Marie Bourland. « J'en avais marre de voir les arbres pousser à l'intérieur. Notre ambition, c'est de laisser une œuvre pérenne à chacune de nos actions », souligne le bénévole. Il ajoute : « Je pense qu'on peut s'en sortir à seulement 25 % du devis initial. »
Une dynamique collective
Le chantier a débuté en septembre 2025. Quand on n'a pas de pétrole et que les derniers pigeons se sont envolés il y a belle lurette, il faut des idées et des paires de bras pour les brouettes. « Nous n'avions pas idée de la dynamique que cela allait engendrer. C'est du vivre-ensemble », savoure le premier adjoint Pascal Mischieri. L'échafaudage ? Prêté. La chaux et les pierres ? Offertes. Sans compter le généreux don financier d'une habitante, heureuse de voir que le patrimoine communal soit ainsi préservé. Le matériel et l'équipement ont été prêtés par des entreprises du secteur.
Les ouvriers de ce chantier d'ampleur, équivalent à celui d'une grosse maison, sont tous bénévoles. Ils n'ont pour seul salaire qu'un casse-croûte périgourdin, forcément convivial. Malgré le labeur, l'ambiance est à la plaisanterie. « Quand on aura fini le colombier, on s'attaque à la Tour de Vésone [NDLR : vestige antique situé à Périgueux]. Il y a du boulot », s'amuse l'électricien Gilles, venu en voisin de Léguillac-de-l'Auche. Il écoute avec attention les conseils d'Henri, maçon depuis cinq décennies. Nichés tout en haut de l'échafaudage, les ouvriers bénévoles remontent pierre par pierre le haut du colombier. « On s'arrêtera quand on aura atteint la hauteur du clocher de l'église », s'amuse l'un d'eux.
Prochaine étape : la charpente
Prochaine étape, la conception de la charpente. « On fera ça dans le pré, de manière bien visible depuis la route. Il y a quand même 2 000 mortaises à concevoir », contextualise Jean-Marie Bourland. Il est en effet impossible pour les automobilistes arrivant de Périgueux et se dirigeant vers La Double de ne pas voir le chantier. C'est un élu voisin, le maire de Jaure et compagnon charpentier Philippe de Séverac, qui dirigera les opérations.
« La date de fin du chantier n'a pas été fixée. J'espère que ce sera fini à la fin du mandat », s'amuse Sandra Paillot. La patiente restauration des lieux lui donne des idées : « Pourquoi pas faire de la parcelle un lieu de vie avec des bancs, des arbres… » Bref, se reposer et profiter de chaque samedi matin.



