Les cimetières de Sète, loin d'être de simples lieux de recueillement, sont de véritables gardiens de la mémoire collective de la cité. Entre le cimetière marin, surnommé "celui des riches", et le cimetière du Py, "celui des pauvres", ils racontent des histoires maritimes, artistiques et sociales.
Le cimetière marin, un lieu emblématique
Ouvert en 1680 pour enterrer les premiers travailleurs morts sur le chantier du môle Saint-Louis, le cimetière marin offre une vue imprenable sur la Méditerranée. Il a été renommé le 7 août 1945 en hommage au poème de Paul Valéry. Avec ses 4000 m², il attire les Sétois en quête d'un repos éternel avec vue, mais aussi des visiteurs du monde entier.
Des personnalités comme Emmanuel Macron s'y sont rendues. En 2018, le président a visité la tombe de Paul Valéry, après un déjeuner chez Colette et Pierre Soulages. Chaque année, des milliers de personnes viennent se recueillir sur la tombe du poète, tandis que celle de Georges Brassens, au cimetière du Py, attire trois bus par jour entre mai et septembre.
Des tombes chargées d'histoire
Au-delà des célébrités, les cimetières sétois abritent le riche passé de la ville. On y trouve des tombeaux patrimoniaux, des détails architecturaux et des anecdotes savoureuses. Le cimetière marin rappelle la vocation maritime de Sète : une tombe évoque un jeune aspirant tué à Pékin, une autre des pilotes disparus en sauvant un navire. Le cimetière du Py, avec sa vue sur l'étang de Thau, possède des carrés militaires et des trésors méconnus.
La distinction entre "cimetière des riches" et "cimetière des pauvres" remonte à 1877, date de création du Py. À l'époque, on y enterrait les indigents en pleine terre. Aujourd'hui encore, le prix d'une concession au marin avoisine les 10 000 euros, contre 5 000 au Py.
Une tendance à la crémation
À Sète, 60 % des habitants optent pour la crémation, contre 42 % au niveau national. La ville achète donc davantage de columbariums que de caveaux. L'espace étant limité, cette tendance facilite la gestion des cimetières. Il reste de la place pour 4 à 5 ans, mais la création de 200 caveaux aériens au Py, sur le parking de l'Espace Brassens, offrira une marge supplémentaire.
Georges Brassens, dans un geste subversif, a choisi le cimetière "des pauvres" pour y reposer, sous un pin parasol, plutôt que parmi "les riches". Ce choix contribue à un meilleur partage de la mémoire collective et des touristes entre les deux sites.



