Le château de Montferrand renaît grâce aux bénévoles et au Loto du patrimoine
Château de Montferrand : renaissance par les bénévoles

Un site historique sauvé par l'engagement bénévole

Perché sur la crête menant au pic Saint-Loup, le château de Montferrand domine la commune de Saint-Mathieu-de-Tréviers, dans l'Hérault. Cette forteresse médiévale, jadis assiégée par le duc de Rohan et vouée à la démolition par Louis XIV, connaît aujourd'hui une seconde vie grâce à l'association Pic Patrimoine. Lauréat départemental du Loto du patrimoine 2025, le site bénéficie d'une restauration progressive et s'apprête à accueillir des visites guidées à partir de 2026.

Un travail de fourmi pour les bénévoles

Chaque mercredi matin, une douzaine de bénévoles se retrouvent sur le site, outils en main. Répartis en deux groupes, ils s'attellent à des tâches variées : décaissement des murs, nettoyage, débroussaillage. Devant la porte de Mauguio, l'ancienne entrée principale, Antoine, Abel et Thierry déplacent des pierres de plusieurs dizaines de kilos pour élargir le passage. "On veut agrandir d'au moins 80 centimètres, explique Thierry. On travaille le terrain pour le niveler, puis on va mettre des grosses pierres, combler, surélever... Pourquoi on fait ça ? Pour la bonne humeur et l'esprit d'équipe !"

L'association Pic Patrimoine compte 120 adhérents, chacun contribuant selon ses disponibilités et compétences. Élisabeth Capillon, sa présidente, souligne : "Nos adhérents viennent aussi pour le côté physique et l'aventure. Tout le monde est bienvenu."

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Un voyage dans le temps

Le château de Montferrand offre un véritable voyage dans l'histoire. On y découvre le vieux Montferrand, le petit Montferrand, les écuries, la maison de l'officier, la place d'armes et trois prisons. Selon Thomas Robardet-Caffin, auteur d'une thèse sur le sujet, les premières traces remontent à la fin du XIe siècle, avec l'installation de la comtesse Almodis entourée de ses chevaliers. Au fil des siècles, le château féodal prend forme, passant de résidence seigneuriale à forteresse militaire et politique au XIIIe siècle.

Un passé mouvementé

Au XVIIe siècle, durant la guerre entre catholiques et protestants, d'importants travaux de fortification sont entrepris. En 1622, le château est assiégé pendant trois jours par le duc de Rohan et ses hommes, mais ceux-ci doivent battre en retraite face aux tirs d'artillerie. Jacques de Valat, dernier châtelain de 1623 à 1659, voit le royaume s'apaiser. En 1699, Louis XIV autorise la destruction de la fortification, jugée trop coûteuse à entretenir et potentiel refuge pour insurgés.

Un avenir prometteur

Aujourd'hui, il reste des ruines imposantes, avec des murs atteignant 2,5 mètres de large. La communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup, propriétaire du site, prévoit d'importants travaux de rénovation dans les années à venir. Le Loto du patrimoine, dont le château est l'un des 102 lauréats départementaux (le seul dans l'Hérault), apportera une aide financière de 30 000 à 80 000 euros. "Ce loto, c'est un sacré coup de projecteur, se réjouit Élisabeth Capillon. Ces dizaines de milliers d'euros viendront s'ajouter à l'enveloppe prévue. C'est un encouragement formidable pour tout le monde."

Appel aux bénévoles et visites à venir

Un grand débroussaillage annuel est prévu le samedi 18 octobre. Les bénévoles invitent tous les courageux à se joindre à eux, rendez-vous à 8h30 au parking du château. Il faut prévoir une bonne demi-heure de montée, aucune compétence particulière n'est requise, seulement une bonne condition physique. Les participants doivent s'inscrire par mail à picpatrimoine34@gmail.com ; l'association fournira le sandwich du midi.

Quant aux visites guidées, initialement prévues à l'automne 2025, elles ont été décalées au début de l'année 2026. L'occasion de belles balades à venir sur ce site chargé d'histoire.

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