Les boules à facettes vont un peu moins chatoyer : Victor Willis, le leader du groupe disco des années 1970 Village People – qui apparaissait sur scène en uniforme de policier – est mort à l’âge de 74 ans, a annoncé son épouse sur les comptes du groupe sur les réseaux sociaux.
« C’est avec une profonde tristesse que je dois annoncer le décès de mon mari, Victor Willis », a-t-elle écrit, en évoquant « une maladie courte, mais agressive ».
Un tube cultissime
Né au Texas en 1951, le musicien était le chanteur principal et le coauteur des plus grands succès du groupe, notamment le tube planétaire Y.M.C.A. (pour « Young Men’s Christian Association », une association de jeunesse chrétienne).
Willis avait un temps quitté le groupe, en 1980, aux prises avec des problèmes de toxicomanie. Il avait d’ailleurs plaidé coupable de détention de cocaïne devant un tribunal de San Francisco, en 2006.
Drôle d’association
Hymne gay dès sa sortie en 1978, le tube Y.M.C.A. avait connu une étrange seconde vie : il avait été récupéré par Donald Trump, avec l’aval du groupe, reniant sa signification originelle.
La célèbre chanson disco était ainsi devenue associée à la victoire du candidat républicain pour son second mandat. Ce dernier avait à plusieurs reprises esquissé quelques pas de danse sur scène, entouré du groupe star des années 1970, redonnant au titre une seconde vie inattendue.
Des paroles sans équivoque
La chanson, composée par le leader Victor Willis ainsi que Jacques Morali et le producteur Henri Belolo, tous deux Français, incarnait pourtant à l’origine un hymne de la communauté homosexuelle masculine.
Entre codes gays et costumes stéréotypés, son refrain évocateur ne dupait personne : « C’est amusant de séjourner au Y.M.C.A. / Ils ont tout pour que les jeunes hommes s’amusent / Tu peux passer du temps avec tous les garçons ». Des paroles aux antipodes des positions conservatrices du locataire de la Maison-Blanche…
Espoirs contrariés
« Y.M.C.A. n’est pas un hymne gay », avait pourtant répété depuis son parolier Victor Willis, annonçant même, en décembre 2024, qu’il comptait poursuivre tous ceux qui prêteraient cette signification à la chanson.
« Laissons une chance au président Trump, indépendamment de ce que vous avez pu penser de lui dans le passé. Voyons ce qu’il va faire à l’avenir et, s’il prend des mesures pour restreindre les droits des LGBTQ, les Village People seront les premiers à s’exprimer », avait-il écrit sur Facebook.
Un groupe apolitique ?
Le tube avait déjà été utilisé lors des meetings républicains en 2020, ce que son coauteur – aussi parfois déguisé en officier de marine – n’avait pas apprécié. Après son revirement et sa réponse favorable à l’invitation de Donald Trump de participer à son investiture, les critiques avaient plu.
« Village People se produira aussi bien pour les démocrates que pour les républicains. Nous ne sommes pas un groupe politique. Nous ne l’avons jamais été et nous ne le serons jamais, même si certains d’entre vous essaient de nous faire passer pour tels », avait rétorqué Willis.



