Vendredi soir, la chanteuse Vanessa Paradis était en concert à Bordeaux pour fêter « Le Retour des beaux jours ». Un show généreux devant plus de 10 000 spectateurs. Dans un décor de ciel étoilé, la tension monte. Tout de noir vêtue, Vanessa Paradis apparaît dans un halo orangé, sobre et élégant. Il est 20 h 55 et l’Arkea Arena de Floirac, pleine jusqu’aux cintres, brandit ses smartphones. Et une voix résonne : « Soudain, j’entre dans la lumière ».
Voilà des lustres que la chanteuse n’était plus venue chanter à Bordeaux, où elle a longtemps été abonnée au béton de la Patinoire-Mériadeck. « Vous avez enfin une belle salle » se réjouit-elle. « Je sais que ça fait un moment ; mais pour moi, c’est la première fois ».
Deux heures durant, la chanteuse, 53 ans, a emballé un public plutôt quinqua et féminin, heureux d’être à la fête. Autour d’elle, un septet expert fait groover l’affaire. Coréalisateur avec Étienne Daho du dernier album, Jean-Louis Piérot – impeccable directeur musical – navigue entre les claviers et la guitare électrique. À l’avant-scène, un duo féminin assure des chœurs parfaits ou compose une section cuivres (trombone et saxo baryton) qui confère au son une chaleur profonde. Côté cour, la percussionniste Natascha Rodgers embarque la section rythmique.
Vanessa Paradis n’avait pas menti en assurant à « Sud Ouest » qu’ici, « la musique doit être au cœur de tout ». Même habillées d’éclairages spectaculaires ou d’effets vidéo, ce sont les chansons qui priment. Le dernier album, au groove souple et sensuel, forme l’ossature du concert, qui revisite quatre décennies de répertoire. On est entraîné par l’énergie des morceaux de -M- (« Divine Idylle », « Dès qu’j’te vois ») ou Serge Gainsbourg (« Tandem », avec une vraie énergie rock), on s’amuse quand « Jo le taxi » se réinvente en disco 70’s. Et on reçoit même comme une évidence la relecture reggae de la ballade « Il y a » écrite par Gaëtan Roussel.
Au final, on pardonnera les rappels ratés (le groove approximatif de « Be My Baby » ou le faux départ sur « I Am Alive » en solo piano), tant ces deux heures de récital réussissent à être à la fois exigeantes et populaires. La classe. Vendredi 8 mai à l’Arkea Arena de Bordeaux-Floirac.



