Tinariwen au Rocher de Palmer : blues du désert et résistance touareg
Tinariwen au Rocher de Palmer : blues du désert

Mercredi 13 mai, le Rocher de Palmer accueillera l'un des groupes les plus singuliers de la scène mondiale : Tinariwen. Une venue rare pour ces musiciens nomades du Sahara, devenus en quarante ans les ambassadeurs d'un blues du désert à la fois hypnotique, politique et profondément humain.

Des origines marquées par l'exil et la guerre

Fondé dans les années 1980 par des musiciens touaregs exilés entre le Mali, l'Algérie et la Libye, Tinariwen est né dans un contexte de guerre, de sécheresse et d'errance. À l'époque, de nombreux jeunes Touaregs quittent le nord du Mali, frappé par les famines. Certains rejoignent les camps militaires libyens de Mouammar Kadhafi, où circulent aussi des guitares et des cassettes pirates. C'est là que prend forme cette musique singulière, mélange de chants traditionnels, de transe saharienne et de riffs électriques hérités du rock et du blues.

Entre sable, révolte et poésie

Parmi les figures centrales du groupe, le chanteur et guitariste Abdallah Ag Alhousseini incarne cette histoire d'exil et de résistance. Longtemps engagé dans les rébellions touarègues avant de se consacrer entièrement à la musique, il est aujourd'hui l'une des voix majeures du collectif.

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Leur nouvel album, « Hoggar », enregistré à Tamanrasset, dans le sud algérien, marque un retour aux sources. On y entend des guitares plus brutes, des chœurs féminins et des textes inspirés par les drames qui secouent aujourd'hui le nord du Mali. Depuis plusieurs années, les membres du groupe ont dû fuir leur région, prise dans les violences entre groupes armés, jihadistes et mercenaires russes de Wagner.

Une expérience musicale unique

Malgré ces blessures, Tinariwen continue de défendre une musique tournée vers le partage et la transmission. Sur scène, les longues nappes de guitare, les percussions répétitives et les voix entremêlées créent une atmosphère presque cérémonielle, capable de captiver bien au-delà des amateurs de world music. Le groupe sera accompagné de Sulaf pour cette date girondine. Un voyage musical rare, entre sable, révolte et poésie.

Tarifs : 31 euros, 28 euros pour les abonnés.

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