Simon Astier : « J’aime la sécurité d’une série »
Simon Astier : « J’aime la sécurité d’une série »

Figure emblématique de Kaamelott, scénariste et réalisateur à succès, Simon Astier est membre du jury de la compétition des formats longs pour la 9ᵉ édition de Canneseries. L'occasion de découvrir son rapport aux séries, au cinéma et à ses propres projets.

Une reconnaissance par les pairs

Interrogé sur sa première réaction lorsqu'il a été sollicité pour intégrer le jury, Simon Astier confie : « On est très flatté. J'ai toujours fait des séries un peu dans mon coin, des séries qui n'existeraient plus aujourd'hui faute de cases, de chaînes et de budgets. Avoir la reconnaissance de ce festival, que j'aime énormément pour son indépendance et son audace, c'est comme être reconnu par ses pairs. » Il ajoute avec humour : « Mais c'est aussi le danger dans ce métier : parfois on a trop besoin d'être flatté. Je ne sors pas beaucoup, je préfère travailler ou être en famille. Ce sont les passionnés de séries qui me font bouger. »

Un spectateur curieux et exigeant

Simon Astier se définit comme un spectateur avant tout : « Il faut toujours voir les choses en tant que spectateur, pas en tant que technicien. Je regarde avec curiosité le travail de collègues danois, espagnols, et je vois comment ceux qui font le même métier que moi, mais à l'étranger, travaillent. On appartient à la même confrérie, il faut la célébrer ensemble. »

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Parmi ses séries cultes, il cite X-Files et Friends, qui ont marqué son enfance, puis les claques de Lost, The Office UK, Fleabag et récemment Mindhunter. Il souligne la difficulté actuelle de consommer les séries, tant l'offre est pléthorique : « C'est presque étouffant. Ce que j'aime, c'est le sentiment de sécurité qu'on a devant une série. On ouvre un grimoire et on navigue dans un monde qu'on nous explique, avec des gens qu'on côtoie. C'est un petit refuge rassurant de retrouver des amis imaginaires. »

Le rapport intime aux séries

Interrogé sur le fait d'avoir lui-même été un refuge pour les spectateurs, notamment via Kaamelott, il répond : « Je n'en ai pas vraiment conscience, car Kaamelott est le projet de mon demi-frère. Mais sur Hero Corp, j'ai raconté des choses très intimes, et c'est étrange de savoir que des gens s'y reconnaissent. On a été les copains de soirée dans des moments difficiles, c'est très touchant. »

Consommation : solo et sans interruption

Simon Astier préfère regarder les séries en solitaire. « Je n'aime pas entendre les gens respirer, tousser ou avoir un téléphone qui vibre. J'ai grandi devant les images, la vie s'arrête. Je ne veux pas que la réalité me dérange. » Il regrette l'évolution des mœurs : « Avant, on respectait une œuvre. Aujourd'hui, on prend un coup de téléphone dans la salle. Je suis de la vieille école. » Seule exception : les films d'horreur, pour lesquels il a besoin d'une personne chère à ses côtés.

Quant au débat sur le binge-watching versus le rendez-vous hebdomadaire, il tranche : « Quand une série m'accroche émotionnellement, si j'attends une semaine, j'ai l'impression de perdre le fil. J'aime me dire « encore, encore ». Je me souviens de nuits blanches avec Lost. »

Une plongée dans l'univers d'un passionné, qui rappelle que les séries sont avant tout une histoire de rencontres et d'émotions.

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