Michel Sardou : « Je préfère qu’ils se souviennent de mes chansons »
Michel Sardou : « Je préfère qu’ils se souviennent de mes chansons »

Retour sur les planches avec Guitry

Michel Sardou, l’immense artiste aux 50 ans de carrière, s’est confié à Midi Libre à l’occasion de son retour au théâtre. Il interprète actuellement N’écoutez pas Mesdames, une pièce de Sacha Guitry, mise en scène par Nicolas Briançon. Interrogé sur les raisons de ce retour, Sardou explique : « J’aime Guitry, je connais son théâtre pratiquement en entier et l’occasion s’est présentée. J’ai relu cette pièce et j’ai eu envie de la faire parce qu’elle est formidablement bien écrite, elle est drôle, elle est Guitry quoi ! » Il ajoute : « Les gens s’amusent beaucoup et les rires, faire rire, c’est ce que je préfère au théâtre, je suis donc très heureux de la jouer. »

Un regard sur les femmes à la mode Guitry

Le personnage qu’il incarne, un époux qui se croit trompé, jette un regard cynique et ironique sur les femmes. Sardou relativise : « C’est un peu contraire à la mode d’aujourd’hui. Il parle des femmes à la mode Guitry. Guitry était un cocu rancunier, avec une vision un peu sévère, il n’est jamais très tendre avec les femmes, mais il les aime. » Selon lui, le texte amuse car il va à contre-courant des discours actuels, sans être agressif ni anti-féminin. Interrogé sur son propre rapport aux femmes, il répond avec humour : « Il est parfait (rires), je suis marié depuis 22 ans, je connais ma femme depuis 44 ans, je suis très heureux. »

Théâtre en province et pandémie

Sardou note que le théâtre marche mieux en province qu’à Paris : « J’ai découvert, par contre, que le théâtre marche mieux en province qu’à Paris, parce qu’il va chez les gens. La prochaine pièce que je jouerai, je commencerai d’ailleurs par la tournée. » Il évoque les difficultés liées à la pandémie : « C’est un peu compliqué, étant donné l’année qu’on a vécue avec le Covid et qu’on continue malheureusement à vivre, il y a des théâtres qui se décommandent, certains qui sont en faillite, d’autres qui n’ont plus d’argent pour acheter le spectacle, on est donc obligés de faire beaucoup de kilomètres, c’est un peu fatigant, mais mon Dieu, après, sur scène, ça ne se sent pas du tout, on se retrouve. »

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Le pass sanitaire et la vaccination

Sur la crise sanitaire, Sardou se dit vacciné et favorable au pass : « Je suis vacciné, j’ai mon pass, c’est pas mal au fond, il a servi à faire vacciner les gens et comme tous les vaccins inertes, il faut faire des rappels, c’est logique. » Il précise ne pas prendre parti : « Mais je ne prends pas partie, ce sont des choses très personnelles, j’ai des amis qui sont contre le vaccin, j’ai essayé de discuter avec eux, ils sont convaincus, c’est leur droit. »

Pourquoi il ne chantera plus sur scène

Interrogé sur un éventuel retour en tant que chanteur, Sardou est catégorique : « J’ai fait cinquante ans de scène comme chanteur, je crois que ça va, c’est déjà pas mal ! Maintenant, j’ai le théâtre qui me plaît beaucoup et m’a toujours plu d’ailleurs. » Il estime ne plus avoir sa place dans la chanson : « Je ne peux pas changer de style ni faire semblant d’être mode, ce serait ridicule. Je laisse la nouvelle génération venir, elle est bonne, elle a du talent, elle va nous remplacer tranquillement comme cela se fait toujours, c’est normal, mais je n’ai pas envie de revenir, pour dire quoi de plus ? Sinon pour essayer d’être dans le coup, ce serait un peu triste, je trouve. Je préfère qu’ils se souviennent de mes chansons que de leur en amener des nouvelles. »

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La comédie musicale « Je vais t’aimer »

Sardou s’étonne du succès de la comédie musicale Je vais t’aimer, adaptée de ses chansons : « C’est formidable, je suis le premier étonné, j’allais presque leur dire non au début… Je n’aurais pas autorisé un biopic, une histoire, pourquoi pas, mais j’étais très surpris parce que mon style, justement, c’est de ne pas avoir de style. » Il explique la diversité de son répertoire : « Je fais tout, ça saute du rock au slow des années 60, mes chansons vont de Vladimir Ilitch aux Bals populaires, en passant par La Maladie d’amour et le Connemara, elles n’ont pas de lien, il n’y a pas de cohésion, c’est très varié, je saute du coq à l’âne. » Il précise ne pas avoir encore vu le spectacle, mais en a entendu des extraits : « Ils ont fait des maquettes en studio, c’est très bien chanté et il paraît que ça marche. »

Son regard sur le wokisme et la politique

Sardou se dit peu en phase avec son époque : « Je n’aime pas trop ce siècle. Je n’aime pas trop la vie telle qu’elle est devenue maintenant. Les réseaux sociaux, le wokisme, les choses comme ça, je ne suis pas vraiment concerné. » Il désapprouve le wokisme : « Je ne l’approuve pas du tout, si ça plaît tant mieux, personnellement, je trouve ça ridicule. C’est un truc qui nous vient des États-Unis, comme toujours. Ça passera, comme le reste… » Quant à la présidentielle, il se montre désabusé : « Je m’en tape ! Ce que j’ai entendu et vu jusqu’à présent ne m’a pas transcendé. Je ne les crois ni les uns ni les autres. De Gaulle voyait l’élection comme une rencontre entre un homme et un peuple, je ne l’ai pas rencontré… » Il se dit gaulliste, mais refuse de s’engager : « Je l’ai fait une fois avec Chirac, c’était un ami, mais quand les artistes se mêlent de la politique ça ne lui rapporte rien et ça coûte très cher aux artistes. Les gens nous aiment bien quand on les amuse, les émeut, dès qu’on leur dit faites comme moi, ça ne marche pas. On n’est pas là pour ça. »