Maëlle dévoile son vrai visage dans un troisième album libérateur
Maëlle : un troisième album pour faire tomber les masques

Dans l'intimité du studio, Maëlle se révèle

Dans une pièce aux lumières tamisées, entourée de synthétiseurs, de câbles et d'instruments de musique, Maëlle affine méticuleusement les détails de ses nouvelles compositions. Casque sur les oreilles et micro devant elle, chaque harmonie est enregistrée à plusieurs reprises, dans un processus créatif exigeant. Ici, point de scène, point de public, point d'urgence non plus. Juste elle… accompagnée de Thomas Rasoanaivo et Charlie Trimbur à la coréalisation de ce troisième album tant attendu.

« La création d'un album, c'est un moment hors du temps. Tu as l'impression d'être dans une grotte pendant plusieurs mois », confie-t-elle avec émotion. Dans cet espace clos et confidentiel, la jeune artiste de 25 ans ne cherche plus à répondre à des attentes extérieures, mais à exprimer des vérités qu'elle ne s'autorisait pas auparavant. Ce projet marque indéniablement un tournant décisif dans sa carrière : « J'avais envie de montrer ma vraie personnalité, en dehors des masques que j'ai pu porter », révèle-t-elle.

Un parcours d'émancipation artistique

Depuis ses débuts précoces, Maëlle a dû composer avec une image publique construite très tôt. Révélée au grand public adolescente dans l'émission The Voice, elle a grandi au sein d'une industrie musicale où l'on attend souvent d'un artiste qu'il se conforme à une direction prédéfinie. Son deuxième album, Fil Rouge, amorçait déjà une volonté d'affranchissement, mais ce nouvel opus va beaucoup plus loin. « Avec le deuxième album, j'ouvrais une porte. Là, je suis vraiment allée plus loin », explique-t-elle avec conviction.

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Ce troisième album se construit comme un espace de vérité absolue. Une manière d'éliminer tout ce qui relevait du rôle à jouer, du contrôle excessif, ou simplement de la peur du jugement. Dans son écriture, Maëlle délaisse progressivement les détours et les métaphores trop élaborées pour embrasser une approche plus instinctive et authentique. « Je montre l'imperfection. Vraiment l'imperfection », insiste-t-elle avec force. Cette transformation passe également par une méthode de création renouvelée : moins de réflexion, plus de ressenti ; moins de contrôle, plus d'acceptation. « Avant, je pensais trop. Là, j'essaie de lâcher prise sur le texte », ajoute-t-elle.

Deux singles annonciateurs d'une nouvelle liberté

Cette évolution artistique se manifeste avec éclat dans deux morceaux qui incarnent, chacun à leur manière, cette prise de liberté audacieuse. Avec Tic Tac, sorti ce 10 avril, elle chante le désir sans fard : « Je dis ouvertement que j'ai très envie de lui », raconte-t-elle sans détour. Le morceau s'inspire de moments fugaces, de rencontres éphémères qui n'ont pas vocation à durer. « J'avais envie de parler de ces moments où tu rencontres quelqu'un et ça dure une heure », poursuit-elle. Une manière de revendiquer une liberté nouvelle, qu'elle n'avait encore jamais osé exposer. « Je rêvais de le faire, mais je n'avais jamais osé », admet-elle avec franchise.

À l'inverse, Lili s'inscrit dans une démarche beaucoup plus introspective et personnelle. Le morceau prend la forme d'un dialogue poignant avec elle-même, ou plutôt avec la jeune fille qu'elle était. « Lili, c'est mon surnom depuis toujours », explique-t-elle. Une identité intime, profondément liée à l'enfance, qu'elle a longtemps tenue à distance de sa musique. « Je ne voulais pas mélanger ma vie privée avec ma musique », confie-t-elle. Mais avec le temps, ce rejet s'est transformé en une prise de conscience salutaire. « J'ai longtemps eu honte de qui j'étais avant », reconnaît-elle avec humilité. Dans cette chanson, elle ne fuit plus cette part d'elle-même. Elle l'accepte pleinement et lui adresse enfin des mots apaisants. « J'avais besoin de lui demander pardon », dit-elle avec émotion.

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Une scène musicale féminine en pleine émancipation

Ce troisième album ne s'écrit pas uniquement dans une trajectoire individuelle. Il s'inscrit également dans un mouvement plus large, celui d'une nouvelle génération d'artistes féminines qui prennent la parole avec une audace renouvelée, plus de frontalité, plus de liberté et moins de filtres. Maëlle cite des artistes comme Zélie ou Théodora, qui abordent désormais des sujets longtemps laissés de côté : sexualité, violences, intimité, contradictions.

« On n'imagine pas à quel point c'est important pour nous de voir des artistes comme ça. Avant, on était très encadrées. On était entourées de mecs qui nous disaient 'chante ça, fais ci, fais ça' », déplore-t-elle. Face à cette évolution positive, Maëlle ne se place pas en simple observatrice, mais bien en actrice engagée de ce changement. « Je me suis dit que j'étais légitime de raconter ces choses-là aussi », affirme-t-elle avec détermination.

L'incarnation sur scène de ce nouveau projet musical sera également l'occasion d'un autre lâcher-prise significatif. « On a directement réfléchi à la tournée en créant les morceaux. J'ai envie d'amener la danse dans ce projet. Je voulais être danseuse avant d'être chanteuse… Je me sens plus à l'aise de montrer qui je suis vraiment », conclut-elle, anticipant déjà avec enthousiasme cette nouvelle étape de sa carrière.