Élise Lounici partage sa vie entre l’Irlande et sa ville natale de Rochefort. Avec son trio de blues rock, Élise Frank, elle tourne dans toute l’Europe. Entretien avant son passage au salon de la guitare de Saintes, Cordes en folie, samedi 23 mai, où elle partagera l’affiche avec Manu Lanvin. Elle répond depuis l’Autriche, où elle est en tournée. Élise Lounici a fait du chemin depuis sa base rochefortaise.
Un nom chargé de sens
Que signifie votre nom de groupe, Frank ? « Ça veut dire franc, honnête. À la base, c’était le nom d’un ami décédé, pour lui rendre hommage. La franchise, ça nous représente bien. Le nouveau label avec qui on travaille, Ruf Records, m’a demandé de changer. C’est devenu Élise Frank. »
Une veine musicale éclectique
Comment définir votre veine musicale ? « C’est assez inspiré du blues, ce n’est pas pour rien qu’on a signé dans un label de blues, mais pas un blues de puristes. On a pas mal d’influences qui vont du punk à la pop et au rock. »
La quête de reconnaissance
Le groupe est né en 2021. Où en êtes-vous dans la difficile quête vers la notoriété ? « J’avoue que ce n’est pas le premier truc qui me vient en tête. Ma quête difficile, c’est de bien manger en étant musicienne professionnelle, vivre de ma musique. On s’est fait connaître en jouant dans la rue. Ces quatre dernières années, on a énormément évolué. Aujourd’hui, je tourne en trio avec Sébastien Gaschard à la batterie et Josselin Fleury à la basse. Élise Frank vient de signer avec un label allemand, Ruf Records. »
Un rapport intime à la guitare
Vous jouez au festival Cordes en folies, dédié à la guitare. Quelle relation avez-vous avec votre instrument ? « Sur l’album, on a Laura Chavez, une super référence dans le blues. Pendant deux ans, on a joué avec un excellent guitariste. Mais désormais, sur scène, j’ai décidé de rester en trio, d’être seule à la guitare. C’est quelque chose d’assez assumé. Dans l’univers du blues, les gens sont demandeurs de solo. Moi, je n’aime pas ça. Je propose une approche différente de la guitare, très rythmique. C’est mon instrument principal, avec la voix, pour composer. Je ne suis pas une “guitar hero”, j’ai un rapport très intime à l’instrument, très autodidacte, presque naïf, comme la peinture. »
Fidèle à sa guitare
Vous êtes du genre à chiner, à varier les guitares, ou du type fidèle ? « Je suis fidèle ! J’ai une guitare que j’utilise tout le temps, une guitare Fender Strato de 1977. Je dors avec elle à l’hôtel ! Je l’ai trouvée pendant le Covid. C’est une guitare un peu intouchable niveau prix. Mais elle était dans un magasin d’occasion, à un tarif incroyable. Je n’avais juste pas un sou. Ma mère m’a avancé l’argent. Elle me porte un peu chance. »
Première partie de Manu Lanvin
Vous serez en première partie de Manu Lanvin. Ça vous parle ? « Forcément, dans le milieu, on entend beaucoup parler de lui. Je suis curieux de le voir en live. On a tous hâte. »
Un souvenir marquant à Saintes
Vous avez joué aux Mardis de Saint-Louis, à Saintes, en août dernier. « Oui, c’était super. J’étais dans un état particulier parce que je venais d’enterrer quelqu’un. L’énergie était assez folle. Saintes, c’est à la maison. On a une tournée en Europe tout l’été, on va en Espagne, en Croatie, en Scandinavie… Alors quand on a une date à la maison, on est content ! »
Cordes en folie, samedi 23 et dimanche 24 mai, de 10 h à 18 heures, à l’espace Mendès-France. Entrée pour un jour, 3 euros ; les deux jours, 5 euros ; gratuit moins de 12 ans. À 20 heures, le samedi, Élise Frank et Manu Lanvin (20 à 26 euros).



