Il y a cinquante ans, dans les colonnes du Nouvel Obs, le journaliste Paul Alessandrini dressait le portrait d'une admiratrice hors du commun : Natacha, une couturière septuagénaire qui vouait un culte à David Bowie. Elle l'avait suivi depuis les premiers jours de sa carrière et consacrait tout son temps à animer le fan-club français de la star.
Le quartier général de la Bowie mania
Dans un Paris en pleine mutation, que les marteaux-piqueurs achevaient de défigurer, au troisième étage d'un immeuble vétuste, se nichait le quartier général du plus important fan-club de France. Chaque semaine, le facteur y déposait des centaines de lettres, aux enveloppes ornées de dessins et de messages récurrents : « David Superstar » ou « Ziggy pour toujours ». Sur la porte, un seul nom : Natacha.
Quand on sonnait, des pas lents se faisaient entendre, et une voix méfiante demandait : « C'est pourquoi ? ». Si l'on répondait : « Je voudrais voir Natacha à propos de David. Bowie », la porte s'ouvrait aussitôt. Une vieille dame à l'accent russe invitait alors le visiteur à pénétrer dans le temple de la « Bowie mania ».
Une dévotion sans faille
L'intérieur de l'appartement était un véritable sanctuaire dédié à l'artiste. Des photos, des affiches, des disques et des souvenirs s'accumulaient, témoignant d'une passion qui ne s'était jamais démentie. Natacha, couturière de métier, avait fait de son modeste logement le centre névralgique de l'admiration française pour David Bowie.
Cet article, paru en mai 1976, offrait un éclairage touchant sur une femme ordinaire devenue l'âme d'une communauté de fans. Il montrait comment, bien avant l'ère numérique, la ferveur pour une icône pouvait s'organiser autour d'une personne dévouée.
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