De l'admiration secrète à la quête acharnée de billets
En décembre 2022, Céline Dion annonce sa maladie. Quelques mois plus tard, elle annule ses concerts. Je réalise alors que mon snobisme passé m'a privé de la voir un jour sur scène. C'est pour réparer cette erreur que, ce jeudi, j'ai passé plus de cinq heures à attendre mon tour dans une file d'attente virtuelle interminable.
Une passion longtemps cachée
Vingt ans plus tôt, je jouais les rebelles avec du Rage Against the Machine et des Smashing Pumpkins hurlés depuis ma voiture. Céline Dion ? Jamais de la vie ! Enfin, c'est ce que je prétendais. Dans mon appartement d'étudiante, mes encettes crachaient aussi Let's Talk About Love, On ne change pas et autres Prière païenne. J'adorais. Je dansais. En cachette.
Quand la chanteuse québécoise révèle souffrir d'un syndrome raide incurable, je me fais la promesse solennelle que si elle revient sur scène, je serai là. Tant pis pour les apparences et le qu'en-dira-t-on.
L'espoir renaît aux Jeux Olympiques
Le 26 juillet 2024, je suis scotchée devant ma télévision. L'ouverture des JO de Paris est spectaculaire, mais j'attends fébrilement le clou du spectacle : Céline, la Tour Eiffel, L'Hymne à l'amour. Cette performance magistrale ravive en moi l'espoir de la voir un jour en concert.
Le parcours du combattant commence
Fin mars, je me prépare mentalement pour l'épreuve qui démarre le 30. Ce soir-là, Céline Dion annonce à peine sa série de concerts parisiens que je m'empresse déjà de m'inscrire pour le tirage au sort donnant accès aux préventes. J'y consacre toute ma soirée. En quelques heures seulement, un million de personnes ont suivi la même démarche. À la clôture des inscriptions, nous sommes neuf millions de candidats ! Seuls deux ou trois pourcent, paraît-il, seront tirés au sort. Miracle : j'en fais partie. Et cette fois, je le proclame haut et fort, au point d'enfiler fièrement mon tee-shirt à l'effigie de Céline Dion pour affronter le dernier obstacle.
L'attente interminable de la prévente
Ce jeudi, l'obstacle prend la forme des 82 463 personnes qui me précèdent dans la file virtuelle lorsque la prévente en ligne ouvre à 10 heures. Leur nombre décroît avec une lenteur exaspérante. À 13 h 30, je suis toujours derrière 23 553 personnes. À 15 h 20, enfin, elles ne sont plus que douze. Le stress devient palpable : et si, après tout cela, je n'obtenais finalement pas de billets ?
L'instant décisif
Au moment crucial d'accéder aux quelques places restantes, mes mains tremblent. Je tente frénétiquement toutes les dates, j'appuie partout où c'est possible. Par un heureux concours de circonstances, j'arrive à mettre deux places dans mon panier. Je ne sais même pas lesquelles ni pour quand exactement. Mais je les ai. Et je peux vous assurer que vous allez en entendre parler ! Cette victoire, après des années de passion secrète et des heures d'attente éreintante, représente bien plus que deux billets de concert. C'est la rédemption d'une fan qui assume enfin son admiration pour l'une des plus grandes voix de notre temps.



