Maxime Saada, PDG de Canal+, revient sur la polémique de la "liste noire"
Dans un entretien accordé à Libération, Maxime Saada, le président-directeur général de Canal+, a abordé la controverse autour d'une prétendue "liste noire" d'invités politiques sur les antennes du groupe. Il a notamment répondu aux accusations de partialité et de censure.
Une clarification nécessaire
Saada a tenu à clarifier la situation : "Si quelqu'un vous traite de fasciste, puis vous demande de l'argent, peut-être que vous ne lui en donneriez pas." Cette phrase fait référence à des personnalités politiques qui auraient critiqué le groupe tout en réclamant des financements. Selon lui, il ne s'agit pas d'une liste noire idéologique, mais d'une simple gestion des relations commerciales.
Le dirigeant a souligné que Canal+ reste ouvert à tous les courants politiques, mais que des tensions peuvent survenir avec certains intervenants. Il a cité l'exemple de Jean-Luc Mélenchon, avec qui les relations sont complexes. "Nous avons invité Mélenchon à plusieurs reprises, mais il a refusé. Ensuite, il nous accuse de le boycotter. C'est paradoxal."
Une polémique amplifiée par les réseaux sociaux
La rumeur d'une "liste noire" a enflammé les réseaux sociaux, certains y voyant une atteinte à la liberté d'expression. Saada dément formellement : "Il n'y a aucune directive pour exclure des invités. Nous travaillons avec des journalistes professionnels qui choisissent leurs invités en toute indépendance."
Il a également évoqué le cas de l'émission "C à vous" sur France 5, où des tensions seraient apparues avec certains politiques. "Nous avons simplement décidé de ne plus financer certaines émissions où nos journalistes sont maltraités. C'est une question de respect."
Un contexte de tensions médiatiques
Cette polémique intervient dans un climat de défiance entre les médias et le monde politique. Saada appelle à un apaisement : "Nous devons pouvoir critiquer sans être menacés. La liberté de la presse est fondamentale." Il conclut en réaffirmant l'engagement de Canal+ pour le pluralisme, tout en admettant que des choix éditoriaux peuvent déplaire.



