Observatrice du déclin moral des États-Unis, l'écrivaine américaine Lauren Groff, également libraire en Floride, publie un magnifique recueil de nouvelles intitulé « la Bagarre ». À sa façon, elle aussi se bat contre la dérive trumpiste.
Un processus d'écriture long et mûri
Il se passe souvent des années, dit Lauren Groff, avant qu'une nouvelle trouve sa meilleure expression. « Il y en a même une que j'ai essayé d'écrire pour la première fois quand j'avais 19 ans, et que je n'ai réussi à terminer que dernièrement. » Comment mûrissent les histoires ? C'est peut-être la thématique sous-jacente du somptueux recueil de courtes fictions qu'elle publie aujourd'hui. Des histoires de cataclysme et de décrépitude, de vies brisées, de tendresse raréfiée, mais pas non plus impossible. Lauren Groff saisit, avec un art extraordinaire, les mille reflets de l'humain dans l'œil d'or de tout un chacun, et c'est franchement sublime.
Un engagement contre le trumpisme
En 2015, Barack Obama louait « les Furies », magistral roman de cette fille de diacre. Aujourd'hui, Lauren Groff, 47 ans, qui est aussi libraire en Floride, tente de résister dans l'Amérique de Trump. Toujours grâce aux livres. Pour ceux qui souhaiteraient la rencontrer, elle sera à Montpellier, ce samedi 23 mai, dans le cadre de la Comédie du Livre. Une façon de prolonger le grand entretien qu'elle a donné au « Nouvel Obs ».
Vous dites que le processus d'écriture d'une nouvelle peut prendre des années. Pourquoi ? Lauren Groff : Quand on vit longtemps à l'intérieur d'une histoire, on en absorbe peu à peu la texture, et les petits fragments commencent à prendre sens les uns par rapport aux autres. C'est plus proche d'un poème...



