Le 27 avril 2024, la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public a rendu ses conclusions après six mois de travaux intenses. Pour les journalistes de Radio France et de France Télévisions, cette période a été vécue comme une mise en accusation publique. « On a été mis sur la place publique comme des condamnés devant l'échafaud », confie un cadre de Radio France.
Une commission sous haute tension
Lancée en novembre 2023, la commission d'enquête visait à faire la lumière sur la gestion et l'indépendance des médias publics. Les auditions se sont succédé, mettant en cause dirigeants et journalistes. Les syndicats dénoncent une « chasse aux sorcières » qui a fragilisé les rédactions.
Les révélations marquantes
Parmi les moments forts, l'audition de la ministre de la Culture a révélé des tensions sur le financement. Les questions sur les nominations et les pressions politiques ont dominé les débats. Un rapport accablant sur la gouvernance de France Télévisions a été publié, pointant un manque de transparence.
Le ressenti des équipes
Du côté de Radio France, le climat est décrit comme « délétère ». Les journalistes ont eu le sentiment d'être jugés sans procès. « Nous avons travaillé dans l'angoisse permanente d'être cités nommément », témoigne un reporter. France Télévisions n'est pas en reste : la direction a dû gérer une crise de confiance interne.
Les suites de l'enquête
Le rapport final, adopté par la commission, formule 45 propositions pour réformer l'audiovisuel public. Parmi elles, la création d'un conseil de déontologie et un renforcement des contrôles. Les réactions sont mitigées : certains y voient une avancée, d'autres une menace pour l'indépendance.
Quel avenir pour les médias publics ?
La question de la fusion entre Radio France et France Télévisions refait surface. Le gouvernement envisage une holding commune, suscitant l'inquiétude des personnels. Les prochains mois s'annoncent décisifs pour l'avenir du service public audiovisuel.



