À Frontignan, l'association des commerçants du cœur de ville tire la sonnette d'alarme. Face à une baisse d'activité préoccupante, elle appelle à une mobilisation collective pour redynamiser le centre-ville.
Un constat alarmant
Il suffit de se promener dans le centre-ville de Frontignan à l'heure du déjeuner pour dresser un constat sans appel : commerces aux rideaux fermés, peu de clientèle dans les bars et restaurants, quelques passants à peine malgré une météo printanière. Et c'est quasiment tous les jours ainsi, hormis les jours de marché place Jean-Jaurès.
« Le distributeur automatique de billets sur cette place n'est plus en service depuis début avril en raison de la fermeture de la BNP. Une des plus grosses boulangeries a aussi fermé. Beaucoup de commerces sont vides et d'autres ne vont pas tarder à tirer leur rideau. Les commerçants en ont tous ras-le-bol », s'inquiète Denis Pujol, président de l'association des commerçants du cœur de ville de Frontignan.
Si les travaux de la place Jean-Jaurès et ses rues adjacentes ont largement contribué à la chute du chiffre d'affaires (de 30 à 40 %, voire plus), l'attractivité de l'offre y participe également.
« Nous sommes capables de nous remettre en question. Il faut des commerces qui attirent les familles et plus de choix. Cette réalité n'est pas propre à Frontignan. Tous les centres-villes se meurent dans notre pays, car les gens vont faire leurs courses dans les zones commerciales. Mais ce n'est pas une raison pour ne rien faire », complète la secrétaire de l'association, Zahra Zaouia.
Les travaux en cause
Créée en février 2025 dans la foulée de la réhabilitation de la place Jean-Jaurès, l'association s'est d'abord concentrée sur les problématiques liées aux travaux de la place, notamment les droits de passage, la durée des stationnements et le sens de circulation des rues.
« Nous avons été favorables, dès le début, à une petite piétonnisation du centre-ville, à condition que soit accordé dans les rues adjacentes au cœur de ville un stationnement d'une heure trente pour que les habitants aient le temps de faire leurs courses plutôt que les 30 minutes initialement envisagées par la municipalité. Nous avons obtenu gain de cause », déroule Denis Pujol.
Reste le dossier épineux des indemnisations à la suite de la perte de leur chiffre d'affaires consécutive aux travaux.
« Pour la première phase des travaux, les dossiers ont été déposés en octobre 2025. Cela devrait prendre sept à huit mois pour leur traitement. Pour la seconde phase des travaux, terminée fin novembre 2025, on attend toujours la date pour les retirer en mairie. Tout a été suspendu en raison des élections, mais là, ça commence à faire long, car l'équipe est désormais en place. Les commerçants se sentent abandonnés », déplore-t-il.
La réponse de la municipalité
Face à l'impatience des commerçants par rapport au retrait des dossiers d'indemnisation, le maire, Michel Arrouy, rappelle la procédure à respecter.
« Il nous faut reprendre à zéro la constitution de la commission en charge des indemnisations. Pour ce faire, des instances comme la CCI, la CMA et la DGFIP, doivent nommer leurs représentants. Tant qu'ils ne les ont pas mandatés, la commission ne peut pas se réunir. La phase suivante est le vote de la délibération au prochain conseil municipal. C'est la raison pour laquelle les dossiers d'indemnisation ne peuvent être retirés à la mairie. Une fois cela précisé, je rappelle que nous ne sommes pas obligés d'entrer en voie d'indemnisation. C'est optionnel, mais nous le ferons. L'argent y est, et c'est prévu au budget », répond Michel Arrouy, maire de Frontignan.
« Chacun doit jouer le jeu »
L'association ne compte pas pour autant baisser les bras. Elle a demandé une réunion avec les élus en charge du commerce et des festivités pour connaître le calendrier des manifestations municipales et pouvoir y insérer ses propres animations. Vide-grenier, braderies, marché artisanal nocturne le lundi soir… les idées ne manquent pas.
« Il faut que la machine se remette en route. On fera selon nos moyens, mais il faut qu'on nous aide. Chacun doit jouer le jeu », conclut Zahra Zaouia.



