Le journaliste cévenol Jean-Jacques Bourdin, écarté de BFM il y a trois ans avec fracas, puis de Sud Radio en juin dernier, annonce un nouveau projet à 76 ans. Dans un entretien exclusif accordé à Midi Libre, il dévoile son intention de lancer des podcasts et des débats politiques en public, diffusés sur les réseaux sociaux.
Un départ de Sud Radio qualifié d'accord
Interrogé sur son départ de Sud Radio, Bourdin nuance : « Mise à l’écart, le mot est un peu excessif. C’est un accord. » Il explique que plusieurs semaines de questionnement l’ont conduit à évoquer son avenir avec la direction. « On n’est pas tout à fait tombés d’accord sur les objectifs, sur l’esprit. » Le journaliste souhaitait maintenir l’interview politique telle qu’elle est, tandis que la station voulait la réduire. « Il n’en était pas question pour moi », affirme-t-il.
Il évoque aussi une réflexion personnelle : « 49 ans de radio, il arrive un moment où il faut prendre un peu de distance. »
Un projet entrepreneurial dans les médias
Bourdin annonce : « Je vais lancer des podcasts et des débats politiques en public, enregistrés et diffusés, ça va surprendre. » Il précise que ce projet est lié à la politique, car il ne peut abandonner ce domaine. « Les jeunes aiment cette façon de parler de politique autrement. Et c’est exactement ce que je vais faire. »
Il reste discret sur les détails : « Je me méfie un peu de la copie. Si je balance l’idée, ils vont me la piquer. » Il travaille avec une équipe en cours de finalisation, composée de personnes extérieures au journalisme, connaissant les mondes médiatique, publicitaire ou entrepreneurial. Le lancement est prévu pour début décembre.
Un regard sur l'évolution des médias
Bourdin critique le mélange des genres dans les médias, notamment la décision de Sud Radio de programmer un débat entre un influenceur et un politique avec Magali Berdah. « Je déteste le mélange des genres. Ce n’est pas du tout ce que j’ai fait toute ma vie. » Il déplore que l’actualité soit commentée par des personnes sans connaissance du sujet.
Il estime que sa conception du journalisme impartial ne correspondait plus aux choix éditoriaux de Sud Radio, dont l’auditoire s’est développé après les Gilets jaunes et le Covid, avec une tendance au complotisme. « Moi, j’ai une manière de traiter le journalisme qui est parfaitement impartiale », insiste-t-il.
L'avenir sans crainte
À 76 ans, Bourdin ne craint pas l’échec : « Si ça ne marche pas, j’aurai fait un dernier tour de piste. » Il se dit libre et indépendant. « Je vais proposer un produit de qualité, une nouvelle forme journalistique, en indépendance totale. » Il envisage aussi de partager son temps entre Paris et les Cévennes, où il réside.
« Parfois, je me dis “Mais reste là, tu es bien, là”. C’est vrai que j’y suis bien. Mais je ne peux pas… parce que j’aime ce métier, parce que j’aime l’interview politique. » Il ajoute : « J’ai fait tellement de choses en radio ! Je pense que je suis recordman de France du nombre d’heures. Quarante-neuf ans de radio, quatre heures par jour. »



