L'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a mis en demeure, ce mardi 11 juin 2026, les stations de radio France Inter et France Info. La raison ? Une diffusion jugée déséquilibrée des propos du Rassemblement National (RN), principalement programmée en soirée et durant la nuit. Cette décision intervient après une plainte déposée par plusieurs associations et partis politiques, dénonçant un traitement inéquitable du parti d'extrême droite dans les grilles de programmes.
Une violation du principe d'équité
Le régulateur des médias a estimé que les deux antennes du service public avaient enfreint le principe d'équité, qui garantit un accès égal aux temps de parole pour les formations politiques. Selon l'Arcom, entre janvier et mai 2026, plus de 70 % des interventions du RN sur France Inter et France Info ont été diffusées entre 20 heures et 6 heures du matin, une tranche horaire où l'audience est nettement plus faible. Ce déséquilibre, selon l'autorité, ne respecte pas les obligations légales imposées aux médias audiovisuels.
Les réactions des parties prenantes
La direction de Radio France, qui supervise les deux stations, a annoncé qu'elle allait étudier la mise en demeure et apporter les ajustements nécessaires. De son côté, le RN a salué la décision de l'Arcom, tout en appelant à une vigilance accrue sur l'ensemble des médias. « C'est une victoire pour le pluralisme », a déclaré un porte-parole du parti. En revanche, des associations de défense des médias ont critiqué la décision, estimant qu'elle pourrait conduire à une surreprésentation du RN aux heures de grande écoute.
Les conséquences pour les médias concernés
Concrètement, France Inter et France Info disposent d'un délai de trois mois pour se conformer aux injonctions de l'Arcom. En cas de non-respect, elles s'exposent à des sanctions financières, voire à une suspension de leur autorisation d'émettre. Cette affaire relance le débat sur le traitement médiatique des partis politiques, en particulier ceux classés à l'extrême droite. Certains observateurs y voient une tentative de régulation accrue, tandis que d'autres dénoncent une ingérence dans la liberté éditoriale.
Pour rappel, le principe d'équité impose aux médias audiovisuels de veiller à ce que les différents courants de pensée et d'opinion puissent s'exprimer de manière équilibrée, en tenant compte de leur représentativité. Cette règle s'applique notamment pendant les périodes électorales, mais aussi en dehors. L'Arcom veille à son respect et peut, comme dans ce cas, prendre des mesures coercitives.
Cette mise en demeure intervient dans un contexte politique tendu, à quelques mois des élections législatives de 2027. Les partis politiques s'écharpent régulièrement sur le temps de parole accordé par les médias, chaque camp estimant être défavorisé. L'Arcom, garante de l'équilibre, tente de faire respecter les règles, mais ses décisions sont souvent contestées.



