Maddi Txoperena Iribarren remporte le championnat Xilaba de bertsolarisme
Victoire de Maddi Txoperena Iribarren au championnat Xilaba

Une victoire historique au championnat Xilaba de bertsolarisme

Le 31 janvier dernier, le jai alai de Saint-Jean-de-Luz a vibré au rythme des chants improvisés en euskara lors de la finale du championnat Xilaba. Maddi Txoperena Iribarren, journaliste au quotidien basque Berria, a remporté la compétition après près de quatre heures de joutes verbales face à cinq autres bertsolari venant de Soule, Labourd et Basse-Navarre. Cette victoire prestigieuse lui offre une qualification directe pour le championnat de l'ensemble du Pays basque, dont la grande finale est programmée le 20 décembre 2026.

Un parcours entre Hendaye et Lesaka

Née à Hendaye, Maddi Txoperena Iribarren a développé un lien profond avec Lesaka, commune d'origine de son père et de ses grands-parents. « Je suis Hendayaise de naissance, mais Lesaka fait partie intégrante de mon identité », confie-t-elle. Après avoir suivi toute sa scolarité en Iparralde (Pays basque français), elle a choisi de s'installer à Lesaka à l'âge adulte, suivie par sa sœur et son frère, tandis que ses parents demeurent à Hendaye.

Formation et pause dans la compétition

Son initiation au bertsolarisme a débuté à l'âge de 8 ans à la bertso eskola d'Hendaye, suivant les pas de sa sœur aînée Kristina. « Dans l'enfance, tout se fait sous forme de jeu, puis viennent les concours sérieux », explique-t-elle. Après avoir remporté un concours inter-écoles à 15-16 ans, elle a connu une période difficile, marquée par de nombreuses sollicitations et une exigence personnelle excessive. « J'étais très dure avec moi-même quand je produisais un mauvais bertso », reconnaît-elle, ce qui l'a conduite à mettre sa carrière en pause.

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Retour grâce au soutien féministe

Ce n'est qu'en 2018-2019, avec l'émergence de réseaux féministes dans le milieu du bertsolarisme, qu'elle a retrouvé la motivation pour reprendre la compétition. « Les femmes sont souvent plus exigeantes envers elles-mêmes que les hommes », observe-t-elle, citant l'ouvrage Kontrako eztarritik d'Uxue Alberdi qui analyse les mécanismes de domination subis par les femmes bertsolari. Malgré une participation féminine minoritaire (9 femmes sur 24 participants à Xilaba), cinq des six finalistes étaient des femmes cette année, signe d'une évolution positive mais encore incomplète.

L'émotion d'une improvisation réussie

Face à 2 000 spectateurs, Maddi Txoperena Iribarren a su maîtriser son stress lors de la finale. « J'étais nerveuse, mais j'ai pris beaucoup de plaisir », raconte-t-elle. Sa technique d'improvisation, apprise à la bertso eskola, consiste à concevoir d'abord la fin du bertso, en ciselant une phrase qui détermine la rime et la mesure, puis à remonter vers le début. Son dernier bertso, dédié aux « grands-mères de sang et de cœur », a particulièrement ému le public, rendant hommage aux pionnières de la culture basque.

Cette victoire symbolise non seulement un accomplissement personnel, mais aussi une avancée pour la place des femmes dans le bertsolarisme, un art traditionnel qui continue de vibrer au cœur de l'identité basque.

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