Il est l'invité le plus spectaculaire de la Comédie du Livre. Le plus corrosif, le plus sulfureux, le plus divertissant : le diable en personne. Nous le trouvons, vociférant à travers la voix de neuf auteurs et autrices contemporains, dans Un jour, le Diable, ouvrage collectif dirigé par François Angelier, grand spécialiste de Georges Bernanos. Il a vocation à rendre hommage à son « astre sombre » : Sous le soleil de Satan, qui fête cette année ses cent ans.
Un diable protéiforme
Le diable est ici protéiforme. Il s'appelle « l'Adversaire » chez Jennifer Kerner, « Jean-Jacques » chez Bernard Quiriny. Il est « Ange Noir », gangster asservisseur de femmes, chez Nicolas Chemla. Il vend des chemises hors de prix en escarpins vertigineux chez Jean de Saint-Chéron. Dans l'imagination débridée de Christophe Bier, il devient une « dominatrix » capable de tanner, corps et âme, un pauvre « podophile ».
Poésie et rencontres
Fanny Wallendorf lui adresse un furieux poème. Esther Teillard orchestre une rencontre affolante avec un diable gourmand à Knokke-le-Zoute. Il est dans le parfum des fleurs, dans une boîte qu'il ne faut pas ouvrir, dans le coeur des enfants méchants. On le trouve même sur Tik-Tok, nous apprend Caroline de Mulder, qui nous plonge dans le téléphone d'une apprentie sorcière.
Violence et triomphe
Il viole et triomphe, pactise et dupe, se fait parfois damner le pion. Sébastien Lapaque le terrasse finalement d'un Sermon bien senti. Attisé avec fougue par les plumes noires de notre temps, le soleil de Satan n'est pas près de s'éteindre.
Un jour, le Diable, sous la direction de François Angelier (Séguier, 190 p., 20 €).



