Un débat sur la réécriture des classiques
Tiphaine Samoyault, critique littéraire en charge du « Feuilleton » dans « le Monde des Livres », publie « Toutes sortes de Misérables », un ouvrage qui explore la réécriture des œuvres classiques. Selon elle, ces modifications sont essentielles à leur survie, contrairement à ceux qui y voient une forme de mutilation, souvent associée à la « cancel culture ».
Dès 1827, Louis Hachette avait choisi de publier des extraits de grands romans. Proust lui-même trouvait son plaisir dans des livres lacunaires. Samoyault raconte avoir, enfant, « dévoré » des versions courtes de grands romans, comme « Cosette », une adaptation des « Misérables » qui a circulé tout au long du XXe siècle. La pratique de la coupe était courante dans les écoles de la IIIe République.
Le risque de l'idéologie
Cependant, le danger existe qu'un adaptateur alourdisse le texte d'épithètes ou soit influencé par l'idéologie de son époque, ce qui pourrait « assassiner » Hugo. Samoyault insiste sur le fait que la réécriture ne remplace jamais l'original, mais permet de le faire vivre autrement.
Dans un entretien, elle évoque ses souvenirs de lecture : dans les années 1970, les textes pour la jeunesse existaient déjà, mais elle préférait les versions abrégées des classiques. Elle défend une approche ouverte, où la réécriture est une forme de dialogue avec le passé, non une destruction.
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