Publicité « L'écriture, c'est ma thérapie » : policier à Toulon, il dégaine son huitième roman et nous plonge au cœur de l'action et de l'intime. En poste au commissariat de Toulon, Boris Sciutto publie son huitième roman « Tu sais pourquoi ! ». Outre l'enquête, il plonge aussi dans le quotidien des policiers et de leur entourage. Il présente son livre à la librairie Charlemagne de La Valette le 17 juin prochain.
Un flic abattu, une indic, une phrase qui tue
Présent à la Fête du livre d'Hyères, Boris Sciutto vient de sortir son huitième roman Tu sais pourquoi !. Un flic abattu au volant de sa voiture. À ses côtés, une indic avec laquelle la relation dépasse le cadre professionnel. Et une phrase, « Tu sais pourquoi ! », qui donne son nom au livre. Voilà le point de départ du dernier roman de Boris Sciutto. Policier au commissariat de Toulon, il prend la plume pour la huitième fois. Pour évoquer son dernier-né, lors de la Fête du livre d'Hyères, il hésite longuement afin de ne rien divulguer. « Au départ, le livre devait s'appeler “Jusqu'où ?” Avec cette idée que, peu importe que tu sois un flic, un voyou, la femme d'un tel… Jusqu'où es-tu prêt à aller pour atteindre tes objectifs ? »
Un changement d'éditeur et une écriture affinée
Ce livre, qu'il présentera à Charlemagne La Valette le 17 juin, marque un tournant avec un changement d'éditeur. Ses précédents ouvrages étaient sortis aux Presses du Midi ; cette fois, il rejoint une maison d'édition Des livres et du rêve. L'occasion de revoir sa façon d'écrire. « Après l'envoi, l'éditrice m'a fait faire un vrai travail d'écriture. Elle m'a demandé de développer davantage les sensations pour que le lecteur puisse ressentir les choses. » Et ça marche. Son écriture nerveuse et ciselée emporte le lecteur. « Je ne sais pas faire cinq pages sur un arbre », s'amuse-t-il. « J'écris comme j'aime lire, je veux que ça pulse. Je n'ai pas envie que le lecteur s'ennuie. »
Emprise et résilience au cœur du récit
Passé par le 93 avant de débarquer dans le Sud, Boris Sciutto ne noie pas non plus son lecteur dans les procédures ou le jargon policier. Il apporte autre chose. Quelque chose de plus humain, en incluant dans son récit la veuve de son personnage ainsi que l'indic sous le joug de son mari, un mafieux. « Ces deux personnages m'ont permis de raconter autre chose. Ce ne sont pas que des flics qui enquêtent, cassent des gueules… Je peux parler d'emprise avec Karen, qui est prisonnière de son mari. Il y a de l'humain, que ce soit chez les voyous ou chez les autres », décrypte l'auteur. Une voie qu'il n'avait pas forcément empruntée dans ses précédents écrits et qui trouve un écho favorable auprès de ses premiers lecteurs. « Ils ont apprécié le fait que j'aie approfondi les personnages, les sentiments, la détresse. Le fait que, même si tu veux t'en sortir, quoi que tu fasses, tu n'y arriveras pas. Je ne le ferai pas à chaque fois, mais j'ai bien aimé jouer là-dessus. »
La résilience des familles de policiers
Parmi les autres personnages extérieurs à l'enquête et qui permettent une « aération » du récit, on retrouve Céline, la veuve d'Antoine, le policier assassiné dans les premières pages. Une question au cœur du quotidien des forces de l'ordre. « C'est toute la question de la résilience quand on vit avec un flic, notamment quelqu'un de terrain ou d'un gros service d'investigation. À tout moment, ton mari part en pleine nuit, sans savoir où, ni quand il reviendra. On pense qu'on est les chasseurs, mais on est aussi les proies. » « Être flic, c'est une chose, vivre avec un flic, ce n'est pas un cadeau »
L'écriture comme thérapie
L'impact de cette mort violente se ressent également auprès des collègues du groupe. Encore une fois, au-delà de l'aspect enquête, Boris Sciutto s'intéresse aussi aux relations humaines au sein de cette brigade. « Dans des unités comme ça, c'est à la vie à la mort. Tu partages tout. Quand tu perds quelqu'un, c'est un frère de sang. Tu as certainement partagé plus de choses avec lui qu'avec certains membres de ta famille. » Plus qu'un simple polar, Tu sais pourquoi explore les blessures invisibles de ceux qui portent l'uniforme. Il plonge aussi dans la face cachée de la vie des enquêteurs. Pour son auteur, l'écriture a été un moyen de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. « L'écriture, c'est ma thérapie. Sans ça, je serais chez les fous », lâche-t-il. Avant de préciser : « Pendant des années, pour ma femme et mes enfants, je n'ai pas été un cadeau. Tu es marqué au fer noir par des choses horribles. Tu te dis que, même si tu les racontes, les gens ne comprennent pas. En transposant une partie de toutes ces émotions dans mes bouquins, ça soulage. Dans tous mes romans, j'essaie d'offrir une immersion dans la vie professionnelle et personnelle d'un flic. Parce qu'être flic, c'est une chose ; vivre avec un flic, ce n'est pas un cadeau », conclut-il.
Rencontre avec Boris Sciutto à la librairie Charlemagne La Valette, le 17 juin de 17 h à 20 h.



