Alain Paraillous explore la grippe espagnole dans le Sud-Ouest avec 'La Gerbe et le fléau'
Paraillous : grippe espagnole et Sud-Ouest dans un roman historique

Un roman historique plongeant dans les tourments de l'épidémie du Sud-Ouest

Dans son dernier ouvrage intitulé « La Gerbe et le fléau », l'ancien professeur de lettres Alain Paraillous revisite avec une profondeur remarquable les drames de l'épidémie qui a dévasté le Sud-Ouest de la France au crépuscule de la Grande Guerre. Ce titre au double sens révèle non seulement le témoignage historique, mais aussi l'âme de l'auteur lui-même, profondément attaché à ses racines paysannes gasconnes.

Une œuvre ancrée dans la terre natale et l'histoire locale

Après des publications comme « Les Peupliers de l'abandon » et « L'Obscure clarté des nuits sans lune », Paraillous retourne une fois de plus aux racines calcaires de sa terre natale. Issu d'une lignée de paysans gascons, il dédie depuis des années l'univers de ses nombreux ouvrages à ce patrimoine rural, comme un hommage rendu à ses origines.

Publié aux Éditions La Geste, ce roman historique raconte une nouvelle histoire du Lot-et-Garonne, rythmée par les saisons et les bouleversements de l'après-guerre. Les soldats blessés revenant du front laissent derrière eux un sol anémié, et lorsque les bourgeons pointent après l'armistice du 11 novembre, les paysans maniant le fléau sont rapidement rattrapés par la gerbe de la maladie.

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La grippe espagnole et la pénurie de main-d'œuvre au cœur de l'intrigue

De Lamazère à Montesquieu, l'épidémie fane les cultures tandis que la fièvre s'empare de la population, laissant les champs sans personne pour assurer la moisson. Pour combler cette pénurie de main-d'œuvre qui frappe l'ensemble du pays, des émigrés venus de Vendée et d'Italie rejoignent la campagne du Sud-Ouest, transformant la précieuse récolte en un effort collectif.

Sous la plume de l'écrivain local, le récit suit Pierre, un jeune soldat démobilisé qui descend en gare d'Agen pour retrouver ses terres de Gascogne, sa mère veuve et sa fiancée Lucile. Alors qu'il tente d'oublier les horreurs de Verdun, l'ancien combattant multiplie les allers-retours à Ventamil, où son compagnon d'armes Julien est soigné. D'Aiguillon à Lamazère, les métayers manquent et la situation s'aggrave lorsque la grippe espagnole décime une nouvelle fois la population.

  • Comment combler cette pénurie de main-d'œuvre ?
  • Qui sont ces Italiens arrivés en renfort ?
  • Pierre parviendra-t-il à épouser Lucile malgré les tumultes ?

Des souvenirs personnels au service de la fiction

« Dans tous les personnages principaux du roman, il y a un peu de moi », concède Alain Paraillous, qui puise dans ses souvenirs pour nourrir son écriture. Du fils de paysan intrigué par la mort du grand Apollinaire, emporté par la grippe espagnole, à l'écrivain prolixe, il n'y a qu'un pas. « Cette pandémie a été l'élément déclencheur de l'écriture du roman. C'est un moment fort, qui a marqué les campagnes », explique-t-il.

Enfant, il se souvient « de l'arrivée des Italiens, qui parlaient avec un accent, aidaient dans les champs et faisaient, à l'époque, partie du paysage. » Le Saint-Pierrois, qui se défend de tout titre d'« auteur à messages », déploie une fois encore son « attachement viscéral » à sa terre, s'amusant à « ressusciter le passé » de ses mémoires.

Une plume teintée de littérature et de mesquinerie

Mais comme l'amateur de théâtre ne saurait se contenter d'un drame, Paraillous ne sort jamais sa plume « sans un brin de mesquinerie ». Les lecteurs attentifs pourront dénicher dans ses pages des références littéraires à des auteurs comme Mauriac ou d'autres grandes figures admirées, bien que l'écrivain avoue lui-même « ne pas se souvenir de toutes ».

Pour rencontrer ses lecteurs, Alain Paraillous donnera une séance de dédicace le 13 juin prochain à la librairie Martin Delbert, offrant ainsi l'occasion d'échanger sur cette œuvre qui mêle histoire régionale, souvenirs personnels et intrigue sociale dans le contexte troublé de l'après-guerre.

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