Le rappeur NeS a dévoilé son premier album, « Des pieds et des mains », le 13 mars dernier. Un projet attendu par ses fans, mais que l'artiste a pris le temps de mûrir, refusant de se précipiter dans une industrie qui valorise souvent les ascensions rapides.
Un album construit autour de l'équilibre
Pour NeS, cet album repose sur un mot : équilibre. « C'est presque obsessionnel chez moi. J'ai l'impression qu'être heureux, ou en tout cas s'en rapprocher, ça passe par là », explique-t-il. « Par l'équilibre de soi, avec la famille, les gens proches, les passions… toute cette complexité-là. Et quand on est équilibré, stable, on ne se rend pas forcément compte qu'on est heureux. C'est ça que je cherche, la sérénité. »
L'album interroge cet équilibre fragile, jamais acquis. « Bien sûr qu'il y a des moments où ça se perd. Je le raconte dans l'album : les moments de doute, les crises internes, les crises familiales… Mais j'ai l'impression qu'en parler, ça permet de rééquilibrer la chose : ça allège et ça clarifie. »
Prendre le temps avant de se raconter
NeS a fait le choix de prendre son temps. « En 2022, c'est là où les gens m'ont connu. Mais moi, je ne me sentais pas prêt à faire un album juste après. Je ne voyais pas l'intérêt. J'avais déjà ma trajectoire en tête », confie-t-il. Si des projets comme « LA COURSE » ou « POUR DE VRAI » ont vu le jour, l'album avait une dimension plus sacrée à ses yeux.
« C'est un timing. Je sentais aussi que les gens autour de moi étaient prêts à m'accompagner, et ça fait toute la différence », ajoute-t-il. « Quand ton entourage te donne confiance, te met à l'aise, tu as un espace pour t'exprimer sans jugement. Au final, l'ambiance de l'album, c'est exactement ce que j'avais en tête. »
Des textes personnels et nuancés
Cet espace de confiance lui a permis d'aborder des thèmes plus personnels. « Ce genre de thèmes, ça fait longtemps que j'y pense », dit-il. Le morceau « MèreFils », dédié à sa mère, est particulièrement marquant. Un texte intime que le rappeur a porté longtemps avant de réussir à l'écrire. « Je me suis laissé le temps de prendre du recul, de vivre des choses, d'en parler avec ma famille… pour pouvoir poser les mots justes. »
Pour NeS, se raconter demande de la nuance : « Il faut se remettre dans le mood, mais sans être accablant. » Une manière de transformer les tensions familiales en dialogue plutôt qu'en règlement de comptes. « Je pense qu'avant d'écrire un album, il faut aller voir un psychologue, pour pouvoir poser les bons mots et même ne pas écrire des trucs qui nous collent vraiment à la peau », explique-t-il en plaisantant.
Sur scène pour prolonger l'expérience
Après la sortie de l'album, NeS s'apprête à le défendre sur scène. Il sera notamment au festival We Love Green le 6 juin prochain. « Forcément, maintenant, quand je fais de la musique, je me projette sur scène. J'ai trop hâte de voir comment les gens vont accueillir les morceaux », déclare-t-il.
Mais c'est la tournée à l'automne qui l'attire le plus. « Moi, j'ai une préférence pour les salles. La connexion avec le public, c'est plus intimiste », explique-t-il. Les festivals sont un passage obligé, presque un terrain de jeu. « J'aime bien être challengé, mais c'est vrai que c'est un peu l'usine. Chacun a 40 minutes, tu ne peux pas vraiment t'exprimer, c'est presque une playlist. » En tournée, il pourra aller plus loin et créer quelque chose avec les gens.
Reste que les festivals ont leurs vertus : capter un autre public, donner le meilleur en peu de temps, dans une ambiance plus légère. « C'est cool, il fait beau, c'est l'été… c'est plus détente », conclut-il.



