Née le 27 décembre 1901, celle que l’on surnommait « L’Ange bleu » ou « La Vénus blonde » mourait le 6 mai 1992. Voici ce qu’il faut savoir sur cette actrice de légende.
De son vrai nom Marie Magdalene
Marlene Dietrich naît le 27 décembre 1901 à Schöneberg (aujourd’hui un quartier de Berlin), de Louis Erich Otto Dietrich (1868-1908), lieutenant de la police impériale prussienne, et de Wilhelmina Elisabeth Joséphine Felsing (1876-1945), riche héritière d’une famille d’horlogers. Le couple, marié en décembre 1898, a déjà une première fille, Elisabeth, née en 1900. Son prénom, Marlène (ou Marlene), est la contraction de Marie Magdalene, son prénom officiel. À la mort de son père, elle a 7 ans. Sa mère se remarie avec un officier de cavalerie qui se révélera être un excellent père adoptif pour les deux sœurs. Pendant son enfance, Marlene cultive parallèlement ses dons pour la musique (le violon, notamment) et le chant.
Débuts au théâtre en 1921
Elle envisage une carrière de violoniste de concert, mais doit abandonner l’usage intensif de cet instrument à la suite d’une blessure au poignet. Marlene Dietrich prend ses premiers cours de théâtre auprès de Max Reinhardt en 1921 et se lance dans une carrière théâtrale à Berlin. Elle obtient son premier rôle mineur au cinéma en 1923. Cette année-là, elle épouse Rudolf Sieber, un réalisateur de films américain. À la fin des années 1920, elle enregistre ses premières chansons et les chante dans la revue « Es liegt in der Luft » (« C’est dans l’air », 1928). En 1929, elle tourne pour la première fois un rôle important au cinéma dans le film allemand « L’Énigme ».
Star avec l’Ange bleu
La même année, en octobre, elle passe une audition pour « L’Ange bleu », du réalisateur Josef von Sternberg qui l’a remarquée sur scène, et obtient le premier rôle, celui de Lola-Lola. Le premier film du cinéma parlant allemand sort au Gloria Palast, à Berlin, le 1er avril 1930, et fera d’elle une actrice célèbre, notamment grâce à la chanson « Ich bin von Kopf bis Fuß auf Liebe eingestellt » (« Je suis faite pour l’amour de la tête aux pieds »).
Repérée par le studio américain Paramount, Marlene Dietrich quitte l’Allemagne pour l’Amérique le 2 avril 1930, le lendemain de la première du film, et s’installe à Hollywood. Son premier film américain, « Cœurs brûlés », sort le 14 novembre. Le long métrage lui vaut une présélection aux Oscars du cinéma. Dans les années 1930, elle connaît la gloire, enchaînant les réussites au cinéma et sur scène, où ses nouvelles chansons cartonnent. De sa collaboration artistique avec von Sternberg naîtront sept films dont les mythiques « Morocco » (1930), « Shanghai Express » (1932) et « L’Impératrice rouge » (1934), qui font de l’actrice l’incarnation parfaite de la femme fatale.
Les plus grands réalisateurs de son époque
Par la suite, elle tourne avec les plus grands réalisateurs, dans divers genres de films. La comédie avec Ernst Lubitsch (« Angel », 1937), René Clair (« La Belle Ensorceleuse », 1941) ou Billy Wilder (« La Scandaleuse de Berlin », 1948) ; le western avec George Marshall (« Femme ou Démon », 1939) ou Fritz Lang (« L’Ange des maudits », 1952) ; le film policier avec Alfred Hitchcock (« Le Grand Alibi », 1950), Billy Wilder (« Témoin à charge », 1957) ou encore Orson Welles (« La Soif du mal », 1959). Dans « Le Grand Alibi », habillée par Dior, elle interprète « La Vie en rose », que lui a « prêtée » son amie Édith Piaf.
Engagée contre le nazisme
Opposée au régime d’Hitler et au nazisme, Marlene Dietrich choisit de prendre la nationalité américaine et elle est naturalisée américaine le 6 mars 1939. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, elle s’engage contre le nazisme par ses chansons. De janvier 1942 à septembre 1943, elle parcourt les États-Unis pour chanter devant les soldats américains blessés au combat.
Au cours des années 1944 et 1945, elle divertit les troupes américaines en Europe et en Afrique du Nord, au plus près des lignes pour leur montrer son soutien en leur remontant le moral. Après la guerre, en 1945, elle est décorée de la Médaille de la Liberté par les États-Unis, puis en 1950, elle reçoit la Légion d’honneur en France.
Jean Gabin fut son amour
L’acteur français qu’elle a rencontré à Hollywood, pendant la guerre, a été l’un des grands amours de Marlene Dietrich. Tous deux entretiendront une relation amoureuse pendant plusieurs années et seront les vedettes du film « Martin Roumagnac », tourné en France en 1946.
Tour de chant triomphal en Allemagne
Au milieu des années 1950, elle engage Burt Bacharach pour la conseiller sur sa manière de chanter. Ce dernier l’incite à élargir son répertoire et à changer d’image sur scène, en jouant sur son aspect dramatique. Entre 1957 et 1964, ils enregistrent quatre albums qui connaissent le succès. En 1960, sa carrière marque un tournant important. Cette année-là, elle retourne en Europe et en Allemagne pour une tournée triomphale. Acclamée à Munich et Düsseldorf, seule la France lui réserve un accueil mitigé, au grand dam de cette francophile. Elle entame une seconde carrière, abandonne le cinéma et se concentre sur la chanson qui lui confère une célébrité mondiale.
Enterrée à Berlin
Dans les années 1960 et 1970, la santé de Marlene Dietrich décline. Devenue dépendante aux médicaments antidouleurs et à l’alcool, après avoir souffert d’un cancer et de divers maux, elle gagne un Tony Award en 1968. En 1975, à l’opéra de Sydney, en Australie, elle fait une chute juste avant d’entrer en scène et se casse le col du fémur. Elle quitte alors la scène définitivement. Elle fera une dernière apparition en 1978 dans un film allemand, « C’est mon gigolo » de David Hemmings, alors qu’elle n’a pas tourné depuis dix-sept ans. Pour protéger son image, elle vivra ensuite recluse les quinze dernières années de sa vie, dans son appartement du 12, avenue Montaigne à Paris, refusant de se faire photographier, tout en restant présente médiatiquement. En 1979, elle publie une autobiographie, « Nur mein Leben » (« Juste ma vie »). Elle meurt le 6 mai 1992. Quelque 1 500 personnes sont présentes à ses obsèques, à la Madeleine, à Paris, le 14 mai, mais son cercueil est finalement transporté deux jours plus tard à Berlin, là où elle voulait reposer.



