Le film Le Vertige de Quentin Dupieux, projeté cette semaine à Langogne, divise la critique. Si l'on reconnaît au réalisateur un talent pour la surprise et le renouvellement constant, on peut aussi regretter son bâclage et sa paresse, selon Fabrice Andrivon.
Un concept prometteur mais mal exploité
Le film repose sur une idée étonnante : des personnages pixélisés, façon jeu vidéo des années 2000, découvrent que le monde réel serait en réalité une simulation informatique gérée par une puissance supérieure invisible. L'angoisse métaphysique qui en découle imprime un univers à la Sim's, avec un humour froid et un jeu glacé renforcés par la platitude du graphisme. Ce ton décalé rappelle les grandes heures de Steak ou Wrong Cops.
Cependant, l'atmosphère sinistre et terne, combinée à la numérisation du monde, empêche toute nuance de jeu. Les acteurs, prisonniers de leur clone numérique, semblent effacés. Dupieux a pourtant fait appel à des stars, mais on se demande pourquoi, tant leurs personnages sont binaires.
Des idées éparses mais un rythme lent
Quelques bonnes idées émergent, comme les bugs qui prouvent la théorie de la simulation ou un saut de quinze ans complètement inattendu dans le temps. Mais le film reste très lent, bavard et jamais drôle. Il passe même à côté de son aspect le plus intéressant : le parallèle entre ce monde virtuel et le cinéma lui-même. Au final, Le Vertige retombe comme un soufflé sitôt le concept accepté, laissant le spectateur bailler d'ennui.
Selon la critique de Midi Libre, le film illustre la tendance de Dupieux à parfois bâcler ses projets, malgré un don indéniable pour surprendre et se renouveler.



