Le dernier roman de Jérôme Leroy, « La plupart des hommes », publié aux éditions La Table Ronde, marque un sommet dans le genre du roman noir rural. L'œuvre, qui se déroule dans un village fictif du centre de la France, plonge le lecteur dans une atmosphère oppressante où les non-dits et les violences sourdes rythment le quotidien.
Un tableau sans concession des campagnes françaises
À travers une écriture ciselée, Leroy dresse le portrait d'une communauté rongée par le chômage, la désindustrialisation et la défiance envers les institutions. Le personnage principal, un agriculteur taciturne nommé Paul, incarne cette France silencieuse qui ne trouve plus sa place dans le monde moderne. Selon l'éditeur, le livre s'est déjà vendu à plus de 15 000 exemplaires en trois semaines, un chiffre rare pour un roman noir littéraire.
L'intrigue se noue autour de la disparition mystérieuse d'un jeune homme, fils d'un notable local. Paul, accusé à tort, devient le bouc émissaire d'une communauté en quête de rédemption. « J'ai voulu montrer comment la peur et la colère peuvent transformer des gens ordinaires en justiciers aveugles », explique Jérôme Leroy dans un entretien accordé au Point.
Un style au service de la tension
Le style de Leroy, à la fois sobre et incisif, rappelle les maîtres du polar américain comme James Ellroy, mais ancré dans le terroir français. Les descriptions des paysages, des odeurs d'herbe coupée et des silences pesants contribuent à créer une atmosphère étouffante. Chaque chapitre est un coup de poing, une révélation qui fait avancer l'enquête tout en dévoilant les failles de chaque personnage.
Le roman ne se contente pas d'être un simple thriller. Il interroge les mécanismes de l'exclusion sociale et la montée des extrémismes dans les zones rurales. « La plupart des hommes » est une œuvre qui résonne avec l'actualité, où les campagnes sont souvent réduites à des clichés. Leroy leur redonne une complexité et une humanité rarement vues.
Un succès critique et public
La critique a salué unanimement ce roman. Dans le journal Le Monde, on parle d'« un des meilleurs polars de l'année ». Le Point, de son côté, souligne « la maîtrise narrative et la profondeur psychologique » de l'auteur. Les libraires interrogés confirment l'engouement : les exemplaires partent vite, et les lecteurs se reconnaissent dans cette histoire.
Jérôme Leroy, né en 1964 à Paris, est un habitué du genre noir. Il a déjà publié une vingtaine de romans, dont « Le Bloc » et « Les Derniers Jours des fauves ». Mais avec « La plupart des hommes », il atteint selon lui « une forme de maturité littéraire ». Le livre est en lice pour plusieurs prix littéraires, dont le Prix du Roman Noir de la Ville de Saint-Maur.



