Le récit ironique d'un voyage en Chine maoïste en 1974
Jean Berthier, dans un récit à l'ironie mordante, narre le périple de cinq intellectuels français en Chine au printemps 1974. Ce voyage, qui s'est déroulé du 11 avril au 5 mai 1974, mêle échanges privés, réflexions intimes et tensions palpables, tout en mettant en lumière la cécité des participants face à la propagande du régime maoïste.
Les protagonistes d'un voyage controversé
Les cinq intellectuels français qui ont effectué ce voyage sont Philippe Sollers, Marcelin Pleynet, Julia Kristeva – tous trois maoïstes de la revue littéraire « Tel Quel » –, le philosophe Roland Barthes et l'éditeur François Wahl. Le livre de Jean Berthier, intitulé « Voyage tranquille au pays des horreurs », contextualise ce périple organisé par ce qu'il décrit comme « le pouvoir responsable des horreurs encore toutes fraîches de la Révolution culturelle ».
Un itinéraire sous le signe de la propagande
Le récit détaille minutieusement les visites d'entreprises, expositions et grands travaux à Pékin, Shanghai, Nankin, Xi'an et Luoyang. La délégation est accueillie sous les applaudissements, mais un malaise et une gêne suintent à chaque paragraphe. Tout sonne faux, tout respire la propagande, et l'essentiel reste caché aux yeux des visiteurs.
La cécité des intellectuels face à la dictature
La cécité des cinq Français, bien qu'à divers degrés, sert aux desseins de la dictature menée par Mao Zedong, qui impose à ses sujets silence, non-dit ou mensonge. À l'époque, ce voyage a suscité de nombreux débats et commentaires, soulignant les contradictions entre l'engagement idéologique des intellectuels et la réalité du régime chinois.
Le livre « Voyage tranquille au pays des horreurs », publié aux éditions Le Cherche Midi, compte 192 pages et est disponible au prix de 20 € en version papier, et 13,99 € en ebook. Il offre une plongée critique dans un épisode historique où l'aveuglement volontaire a rencontré la machinerie propagandiste d'un État totalitaire.



