Fabien Onteniente se livre dans une autobiographie sincère et émouvante
Fabien Onteniente : une autobiographie sincère et émouvante

Fabien Onteniente, réalisateur des films « Camping », sort le 6 mai une autobiographie intitulée « Alors, on n'attend pas Fabien ? », chez Stock. Ce récit intime, facétieux, sincère, franc et émouvant est bourré d'anecdotes savoureuses. Âgé de 68 ans, le réalisateur revient sur sa carrière, ses racines familiales, son enfance en cité, ses succès, ses erreurs, l'importance des figures féminines dans sa vie et l'humour d'aujourd'hui.

Les racines pieds-noirs et l'enfance

Interrogé sur l'influence de ses origines pieds-noirs, Fabien Onteniente confie : « Mon père ne s'est jamais vraiment remis de sa vie en Algérie. Il y avait cette mélancolie sous-jacente qui régnait quand il ne travaillait pas. Les souvenirs lui remontaient. Il nous a transmis cette torpeur de laquelle j'ai voulu sortir pour faire de la comédie. »

Le cinéma a croisé sa route très tôt, à l'âge de 12 ans, alors qu'il habitait dans un HLM à Villiers-sur-Marne. Il raconte : « Un jour, je vois arriver des camions. Ils s'installent sur un terrain vague, construisent un décor. C'était le tournage du film « Elle cause plus… Elle flingue » de Michel Audiard. Je traînais autour et Audiard m'avait repéré. » Une anecdote savoureuse avec une chaussette rouge a marqué ses débuts.

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Le déclic pour le cinéma

Le véritable déclic est venu après avoir vu « Le Corniaud » de Gérard Oury. « Je me suis dit que j'aimerais bien faire ce métier. Pourquoi ? Parce que j'entendais les gens rire. C'est ce côté populaire qui m'a plu », explique-t-il.

Enfant, il passait ses vacances en Dordogne et sur l'île d'Oléron. « La Dordogne est une région que j'adore. J'allais visiter les châteaux de Beynac, des Milandes. J'ai appris à nager dans le fleuve », se souvient-il.

Des débuts au CEA à la réalisation

Peu de gens le savent, mais Fabien Onteniente a commencé sa carrière au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) pour faire plaisir à son père. « J'avais obtenu un BTS instruments d'optique de précision. Je me suis retrouvé au CEA pour faire de la séparation isotopique de l'uranium par rayon laser. Je gagnais bien ma vie, j'avais ma bagnole. Mais j'ai vite compris que tous les jours allaient se ressembler », raconte-t-il.

Les femmes de sa vie

Dans son livre, il accorde une place importante aux femmes. « Les femmes ont toujours été vitales dans ma vie. Je pense que l'homme n'est pas grand-chose s'il n'a pas une femme avec lui. Chez les femmes, il y a toujours quelque chose d'assez pointu, juste, même si ça fait mal parfois. Toutes les femmes qui ont traversé ma vie m'ont toujours tiré vers le haut », confie-t-il.

Les coulisses de « Camping »

Le réalisateur explique comment il a choisi le Pyla pour le film « Camping » : « J'avais visité plusieurs campings avant. La Mecque du camping, c'est Palavas-les-Flots, mais quand j'ai vu la côte, j'ai trouvé que ce n'était pas graphique. C'était plat, même la mer n'avait pas de caractère. Il me fallait du relief, de vraies vagues, des dunes. Mais, il n'y avait pas de camping sur une dune, alors j'ai fabriqué un faux camping, au Petit Nice à côté du Pyla, sur un terrain des Eaux et Forêts. »

Il révèle également que le personnage de Jacky Pic devait être interprété par Jacques Villeret. « Ce rôle a été écrit pour lui. J'avais passé beaucoup de temps avec lui. Il avait déjà un peu tracé son personnage de Jacky. Et puis il est mort pendant l'écriture du film mais j'ai continué le scénario en pensant à lui jusqu'à ce que mon agent me dise : « Tu sais, il est mort, il ne va pas revenir. Il faut que tu passes à autre chose. » Et il m'a conseillé d'aller voir Claude Brasseur. Il était au courant que j'avais du mal à m'enlever l'image de Jacques Villeret. Il m'a dit : « J'ai joué « Le Dîner de cons » avec lui alors on va faire ce film pour lui. »

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Le dernier film de Jean-Paul Belmondo

Fabien Onteniente devait réaliser le dernier film de Jean-Paul Belmondo, intitulé « Le Coup du chapeau ». « C'était un road trip qui se passait en Belmondie : on se retrouvait à Marseille avec ses copains, on roulait le long de la Riviera française et italienne puis Monaco. Tout était prêt pour le tournage. Il avait déjà eu son AVC mais on avait adapté l'automobile afin qu'il puisse la conduire. Il avait passé la visite médicale qui l'autorisait à le tourner. Mais il est décédé juste avant », se souvient-il avec émotion.

Le Pays basque, son refuge

Il habite une bonne partie de l'année à Bidart, au Pays basque. « Ma femme, Nathalie, venait en vacances à Urrugne. Un jour, j'étais sur une étape du Tour de France qui passait par Pau, elle me dit : « Je suis au Pays basque si tu veux, rejoins-moi. » J'y suis allé, et là, le choc. J'ai vu un pays différent, une montagne pas trop haute, la tonicité de l'Atlantique. Le Pays basque m'a happé. Et je suis encore étonné qu'il me fasse toujours le même effet, ça veut dire qu'on était fait l'un pour l'autre », confie-t-il.

L'évolution de l'humour

Selon lui, l'humour a beaucoup évolué. « On ne peut plus rigoler de tout comme au temps de Coluche, parce qu'on va dire que c'est discriminatoire. Mais dans le rire, il y a toujours quelque chose de moqueur. À force de distiller un humour médian, on provoque moins de fous rires. Pourtant, s'il est pratiqué avec générosité et élégance, je crois que l'humour peut être accepté par tous », estime-t-il.

Un livre de vacances

Enfin, il livre ce qu'il attend de cette autobiographie : « Un jour, quelqu'un m'a dit : « Vous êtes une sorte de copain de vacances. » Alors, j'aimerais que mon livre soit un livre de vacances, celui qu'on met dans le sac pour aller à la plage. »

« Alors, on n'attend pas Fabien ? » de Fabien Onteniente, aux Éditions Stock, 336 pages, 21,90 euros.