Dory Manor signe un premier roman vengeur en français
Dory Manor, âgé de 54 ans et vivant à Berlin, révèle son premier roman écrit en français, intitulé Le Gorille. Cet ouvrage, publié aux éditions Grasset, constitue un portrait cathartique et vengeur de son père, Ezer, surnommé le « Gorille », qui fut un ancien membre du service de sécurité intérieure israélien, le Shin Bet.
Un récit personnel et douloureux
L'auteur, également poète et traducteur d'œuvres littéraires du français vers l'hébreu, entame son récit par un tabou familial : le pénis non-circoncis de son père. Ce choix symbolique ouvre la voie à une exploration profonde de son parcours en tant que jeune juif homosexuel, épris de littérature, confronté à la dépression, à des hospitalisations forcées et à un exil imposé.
Manor explique avoir mis trois ans à écrire ce roman, une durée équivalente au service militaire obligatoire pour les garçons en Israël, afin de s'assurer que son père, décédé, ne puisse plus lire ses mots. Il déclare : « C'est donc à un homme mort que j'adresse mon roman. »
Une quête identitaire et familiale
Le roman entrelace des histoires personnelles et familiales, de Tel-Aviv à Berlin, autour de la figure d'Ezer, décrit comme un père dur et coureur. L'auteur retrace ses racines familiales allemandes avant le IIIe Reich, nomme les morts anonymes et exprime sa colère pour survivre. L'œuvre est décrite comme forte, douloureuse et vivante, offrant un regard intime sur les secrets et les tensions au sein d'une famille marquée par le service secret.
Le Gorille, de Dory Manor, est disponible aux éditions Grasset, avec 320 pages, au prix de 23 euros en version papier et 15,99 euros en ebook.



