Le déjeuner des best-sellers : entre absences remarquées et révélations littéraires
Déjeuner des best-sellers : révélations et absences

Un rendez-vous littéraire sous le signe des absences et des révélations

Le traditionnel déjeuner des best-sellers, qui réunit chaque année depuis 1999 les grandes figures de l'édition française, s'est tenu au Royal Monceau dans le VIIIe arrondissement de Paris. Cet événement a rassemblé des auteurs aussi divers que Pierre Bourdieu, Jean d'Ormesson, Michel Houellebecq, Leïla Slimani, Eric Zemmour, Virginie Despentes, Joël Dicker, Philippe de Villiers et Christiane Taubira au fil des années.

Les absents qui font parler

L'absence de Jordan Bardella, auteur de Ce que veulent les Français (Fayard), a été particulièrement remarquée. Sa présence l'année précédente avait provoqué des annulations en cascade parmi les invités. Parmi les autres absents notables de cette édition figuraient Adèle Yon, Philippe de Villiers, Emmanuel Carrère, Raphaël Quenard, Laurent Mauvignier et Ambre Chalumeau.

Amélie Nothomb, fidèle à l'événement depuis l'an 2000 et le succès de Stupeur et Tremblements, faisait figure de marraine de la manifestation. Elle fut l'une des premières à arriver à l'hôtel de luxe, montant rapidement au premier étage pour prendre un verre de champagne Moët.

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Les révélations du monde littéraire

Parmi les invités présents, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, prix Renaudot 2025 pour Je voulais vivre (Grasset), se réjouissait de la bonne réception internationale de son roman. Revenue d'Italie où son livre est déjà traduit, elle annonça sa publication prochaine par un éditeur américain.

Arthur de Saint Vincent, à la tête de Hugo Publishing, révéla une information étonnante : alors que le premier tirage du livre de Gisèle Pelicot, Et la joie de vivre (Flammarion), atteint 150 000 exemplaires, le nouveau roman de Morgane Moncomble, La Révolte de la Reine à paraître en mars, sera tiré à 180 000 exemplaires.

Les tensions et anecdotes éditoriales

L'organisation du plan de table s'avéra particulièrement délicate. Comme le confia pince-sans-rire une éditrice : "Celui qui a fait ce plan de table peut être chargé du traité de paix à Gaza." Certains éditeurs d'un même groupe avaient explicitement demandé à être tenus éloignés les uns des autres.

Parmi les grandes figures de l'édition présentes figuraient Karina Hocine (Gallimard), Vincent Montagne (Média-Participations), Gilles Haéri (Albin Michel), Sophie de Closets (Flammarion), Olivier Nora (Grasset), Manuel Carcassonne (Stock), Denis Olivennes (Editis), Benoît Yvert (Perrin), Lise Boëll (Fayard), Muriel Beyer (L'Observatoire) et Jean-Luc Barré (Plon).

Les confidences d'Amélie Nothomb

Amélie Nothomb se révéla particulièrement loquace durant le repas. Elle annonça son mariage prévu à l'automne prochain avec son compagnon historique, magicien professionnel capable d'avaler et recracher 40 lames de rasoir. "Risquer de se tuer : rien n'est plus érotique", déclara-t-elle, tout en mettant en garde contre les relations avec des Belges, qu'elle qualifia de "très piètres amants".

La conversation avec David Foenkinos, qui s'apprête à publier Je suis drôle en avril, évoqua leurs souvenirs communs chez Albin Michel, où "toutes les filles étaient amoureuses de lui" selon Nothomb.

Les arrivées tardives et discussions politiques

Nicolas Sarkozy, dont Le Journal d'un prisonnier (Fayard) a dépassé les 200 000 exemplaires vendus, arriva en retard mais permit d'immortaliser la cuvée 2026. Il félicita chaleureusement Giuliano da Empoli pour son essai Les Ingénieurs du chaos, qu'il avait lu "en le stabilotant".

Olivier Pérou, coauteur de La Meute (Flammarion), enquête sur La France insoumise, révéla que sa coautrice Charlotte Belaïch avait reçu des menaces de viol et un flot d'insultes antisémites après la parution du livre.

La jeune génération et ses réticences

Arthur de Saint Vincent souligna la méfiance de la jeune génération d'auteurs envers les institutions. Azra Reed, autre vedette de Hugo Publishing, avait ainsi refusé l'invitation malgré le portrait qui lui avait été consacré.

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L'éditeur évoqua également le New Romance Festival qu'il organise, dont l'édition précédente s'était tenue au Havre. Le maire Édouard Philippe avait souhaité rencontrer les romancières de Hugo Publishing, mais la plupart d'entre elles ignoraient qui était l'ancien Premier ministre.

Une conclusion sous le signe de la continuité

Alors que le déjeuner tombait cette année un mercredi des Cendres, les participants se quittèrent avec la promesse de se retrouver l'année prochaine au Royal Monceau. Amélie Nothomb sera certainement présente, et Gisèle Pelicot devrait probablement rejoindre l'événement. La littérature, comme l'a montré cette édition, continue de réunir et parfois de diviser les acteurs du monde du livre.