David Foenkinos : "Le livre est un point de rencontre entre le lecteur et l'écrivain"
L'écrivain David Foenkinos, auteur notamment du succès La Délicatesse, s'est récemment rendu dans les Cévennes à l'invitation de l'association "Je lis dans la vallée". Après une rencontre à la librairie d'Alès le 20 février, il s'est rendu à Saint-Martin-de-Boubaux, un petit village cévenol, pour échanger avec ses lecteurs.
Une invitation touchante pour un projet littéraire ambitieux
"J'ai énormément de demandes et je me déplace assez peu, mais j'ai reçu la lettre de François, que je ne connais pas, et elle m'a touché", confie l'écrivain. Le président de l'association, François Dufour, médecin à la retraite, organise depuis des années des rencontres littéraires dans cette région. "Le projet est très beau. J'ai la chance d'être lu, donc je ne viens pas pour gagner des lecteurs, mais parce que c'est intéressant en tant qu'écrivain pour comprendre le monde, la vie."
Alterner solitude de l'écriture et rencontres enrichissantes
Pour Foenkinos, le temps des dédicaces et des rencontres avec les lecteurs est essentiel après les périodes de solitude nécessaires à l'écriture. "Il faut alterner ces temps. Prendre le temps de discuter avec eux, écouter leur ressenti. J'aime poser des questions et cela permet de rencontrer tout type de personnes", explique-t-il.
L'écrivain parisien souligne l'enrichissement mutuel de ces échanges : "J'ai toujours vécu à Paris ou en banlieue et avoir la chance de rencontrer des gens qui vivent ailleurs, écouter des parcours de vie... Je ne vais pas à leur rencontre, c'est un échange enrichissant des deux côtés."
La recherche permanente d'inspiration
Dans sa lettre d'invitation, François Dufour avait suggéré que cette visite en Cévennes pourrait être inspirante pour un prochain roman. Une suggestion qui résonne avec la démarche créative de Foenkinos : "Oui, tout le temps. Je pose beaucoup de questions, tout peut potentiellement m'inspirer. Tout est matière à chercher l'inspiration."
L'écrivain insiste sur l'importance de sortir de sa tour d'ivoire : "On ne peut pas écrire sans la curiosité de l'autre, depuis une tour d'ivoire. Et en plus, j'essaie de me renouveler, d'explorer de nouvelles choses, que l'on aime ou pas mon travail. C'est très important pour moi."
L'émotion de rencontrer ses lecteurs
Le fait que ses romans soient lus et discutés dans des petits villages comme Saint-Martin-de-Boubaux procure une émotion particulière à l'auteur. "C'est émouvant. Je n'étais pas issu d'un monde littéraire, il n'y avait pas de livres chez moi", raconte-t-il en évoquant son parcours personnel.
Foenkinos révèle un épisode déterminant de sa vie : "J'ai été gravement malade à l'âge de 16 ans et je me suis mis à lire à ce moment-là. À 25 ans, j'envoie un manuscrit par la poste, je suis publié chez Gallimard et à 36 ans, je publie La Délicatesse, qui est un grand succès !"
La littérature comme force de guérison
L'écrivain revient sur le rôle déterminant que la littérature a joué dans sa vie, particulièrement pendant sa maladie : "Quand j'ai passé des mois à l'hôpital, en 1991, une période sans téléphone portable, sans Netflix et sans réseau, les livres ont été ma seule consolation, m'ont permis de voyager hors de ma chambre, de m'accompagner..."
"Gravement malade, j'ai été plus sensible à la beauté, j'ai commencé à souligner des phrases... On n'est pas obligé d'aimer lire, mais moi, lire a changé ma vie", confie-t-il avec émotion. "J'ai rencontré des livres qui m'ont émerveillé. Ils ont peut-être même été une force de guérison."
L'association "Je lis dans la vallée" concrétise avec cette venue un projet de lecture collective des romans de David Foenkinos qui s'étalera sur toute une année, renforçant ainsi le lien entre l'écrivain et ses lecteurs dans cette région des Cévennes.



