Christopher Laquieze, la nouvelle plume primée et influente
Christopher Laquieze, la nouvelle plume primée

Christopher Laquieze, 29 ans, serait-il l'homme du moment ? Ces derniers temps, les figures les plus institutionnelles du monde des lettres lui font les yeux doux. Son premier roman publié début janvier, La Rosa Perdida, vient de remporter le prix Jean d'Ormesson, dont le jury comprend Teresa Cremisi et les académiciens Dominique Bona, Dany Laferrière, Erik Orsenna et François Sureau. Dans le même temps, la revue de Bernard-Henri Lévy, La Règle du jeu, consacre son numéro en cours à cette « nouvelle critique » née sur les réseaux il y a quelques années, et qui n'a jamais été aussi puissante.

Si Christopher Laquieze n'aime pas le terme « influenceur », il est avec Ramsès Parent et Martin Boujol le représentant le plus emblématique de ces Sainte-Beuve 2.0. Au café du quartier de l'Odéon où nous le rencontrons, vêtu d'un t-shirt Red Hot Chili Peppers, il nous répond avec une faconde digne de Miguel Bonnefoy. D'où vient ce drôle d'oiseau ? « Accrochez-vous, nous prévient-il, vous aurez parfois l'impression d'écouter Serge le Mytho. »

Rien à voir, en vérité, avec le personnage interprété par Jonathan Cohen. Né en 1996 à Arcachon d'un père médecin et d'une mère infirmière, le petit Christopher grandit dans un monde où les légendes orales remplacent les livres. « Je n'ai jamais vu mes parents lire… On vivait à plusieurs générations dans la même maison. J'ai des origines diverses. La famille de mon père est italienne. Du côté de ma mère, j'ai du sang malgache, colombien, et j'ai même des ancêtres esclaves des Indes portugaises… Quand j'étais enfant, mon grand-père me parlait souvent d'un homme mystérieux qui était son meilleur ami quand il vivait à Madagascar. À sa mort, mes oncles m'ont dit que cet homme n'avait jamais existé : mon grand-père l'avait inventé. Les femmes quant à elles comméraient sans cesse. Je viens d'une grande famille de menteurs ! L'ambiance n'était pas banale. À un moment, ma grand-mère avait mis des masques africains partout chez nous. Ça nous a porté malheur : j'ai perdu la vue d'un œil pendant deux ans. Je revois mon grand-père, très superstitieux, brûlant les masques en psalmodiant des incantations… »

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