Christine Brusson poursuit son exploration de l'univers de Proust
La Lodévoise Christine Brusson vient de publier un nouveau livre consacré à l'une des figures majeures de la littérature française qui la fascine. Écrivain, Christine Brusson a déjà publié chez plusieurs éditeurs des récits, romans et essais autobiographiques, dont La maison en chantier, ode à la liberté du corps et de l'esprit. Curieuse des processus de la création artistique, elle a entrepris de relire Proust, dont la source de l'œuvre reste, selon elle, énigmatique.
Un 4e volet : « Proust, la mort des cathédrales »
« Tout est parti d'une intuition, raconte la Lodévoise. Pourquoi un homme aussi bien né, choyé par sa famille, qui a passé sa vie à l'abri du besoin, entouré de personnalités en vue, couronné de succès, a-t-il passé sa vie continuellement malade, mourant, cloîtré, à 51 ans ? » En réduisant les contradictions, Christine Brusson approche un Proust plus cohérent, plus vrai que celui qu'a construit la légende. Après Proust, contre-enquête (Classiques-Garnier 2018), Proust, voir l'invisible (Kimé, 2023) et Proust, écrire le vivant (Kimé, 2025), dans lesquels elle a voulu explorer ses expériences fondatrices et comprendre comment il était devenu cet écrivain si singulier, le dernier qui vient de paraître, Proust, la mort des cathédrales (Kimé, 2026), présente un article de 1904 paru dans Le Figaro au moment où les députés élaborent le projet de loi de Séparation de l'Église et de l'État, avec un commentaire « nourri des années de recherche proustienne ».
« De cet article que Proust écrit à un moment clé, entre la mort de son père et celle de sa mère, à la fin de son travail sur Ruskin, je tente une approche plutôt littéraire, stylistique, existentielle. Dans ce texte se lit le destin d'un écrivain qui se cherche depuis longtemps sans savoir comment atteindre l'œuvre à faire », poursuit l'auteure qui veille à s'approcher au plus près de l'écrivain pour retrouver sa vérité. Ces images fortes de la mort des cathédrales et de la séparation touchent en lui quelque chose de très profond. Elles résonnent de façon multiple dans son imaginaire. « Proust est là, tout entier dans ce texte. J'y retrouve la peur de la séparation, l'enchevêtrement, le vivant comme vrai, le risque d'enlisement, la voie du sensible, l'expérience comme messagère du vivant. » Ce qui n'arrive pas à se dire court dans l'invisible du texte. « Il assemble les pièces de son puzzle en veillant à ce que rien ne se voie, tout en espérant que son lecteur découvrira son secret. C'est fascinant. »
Proust, la mort des cathédrales vient de sortir aux éditions Kimé, au prix de 8,90 €. À noter dans la même collection la réédition de petits textes de Balzac, Baudelaire, Péguy et Théophile Gautier.



