Boualem Sansal quitte Gallimard et ironise sur la fronde des auteurs de Grasset
Boualem Sansal : départ de Gallimard et ironie sur Grasset

Boualem Sansal, écrivain algérien de renom, revient sur les raisons de son départ de la maison d'édition Gallimard, où il était publié depuis plusieurs années. Dans un entretien accordé à Libération, il explique que cette décision a été motivée par des divergences éditoriales et personnelles. Il précise que son départ n'a rien à voir avec un conflit ouvert, mais plutôt avec une lassitude face à un environnement qu'il juge de moins en moins propice à la liberté d'expression.

Les raisons du départ

Sansal déclare : « Gallimard est une grande maison, mais j'ai senti que mon travail n'était plus compris ou valorisé comme avant. » Il ajoute que les changements internes, notamment l'arrivée de nouveaux dirigeants, ont modifié la ligne éditoriale. L'écrivain, connu pour ses positions critiques envers le pouvoir algérien et l'islamisme, estime que son style dérange de plus en plus. Il cite également des désaccords sur la promotion de ses livres, qu'il juge insuffisante.

Ironie sur la fronde des auteurs de Grasset

Dans le même entretien, Boualem Sansal ironise sur la contestation qui agite les auteurs de Grasset, autre grand éditeur français. Plusieurs écrivains de cette maison ont récemment protesté contre la gestion de la direction, dénonçant un manque de transparence et des décisions arbitraires. Sansal, avec un ton moqueur, commente : « Chez Grasset, ils semblent découvrir ce que je vis depuis des années. » Il critique ce qu'il perçoit comme une réaction tardive et corporatiste, estimant que les auteurs devraient défendre leurs intérêts en permanence, pas seulement lors de crises.

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Réactions dans le milieu littéraire

Les déclarations de Sansal ont suscité des réactions variées. Certains saluent son franc-parler, tandis que d'autres jugent ses critiques excessives. Un éditeur de Gallimard, sous couvert d'anonymat, a déclaré : « Boualem est un grand écrivain, mais il a toujours eu un caractère difficile. Son départ est une perte, mais nous respectons sa décision. » Du côté de Grasset, la direction n'a pas commenté les propos de Sansal, mais plusieurs auteurs ont exprimé leur solidarité avec lui, tout en rappelant que leur mouvement est distinct.

L'avenir de Sansal

L'écrivain, qui a déjà reçu plusieurs prix prestigieux, n'a pas encore annoncé sa prochaine maison d'édition. Il laisse entendre qu'il pourrait se tourner vers un éditeur indépendant, plus en phase avec ses valeurs. « Je cherche une structure qui respecte la liberté de l'auteur, sans compromis éditoriaux », précise-t-il. Son prochain livre, attendu pour 2026, traitera de la montée des autoritarismes dans le monde arabe, un sujet qui lui tient à cœur.

Cette affaire relance le débat sur les relations entre auteurs et éditeurs en France, où la concentration des maisons d'édition suscite des inquiétudes. Boualem Sansal, en quittant Gallimard, devient un symbole de la résistance des écrivains face à ce qu'ils perçoivent comme une standardisation de la littérature.

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