Anne Roumanoff au Cannet : un humour qui s'adapte à notre époque
Veste rouge flamboyant, regard pétillant et répartie acérée, Anne Roumanoff se produira le 18 avril sur la scène de La Palestre au Cannet avec son spectacle « L'expérience de la vie ». L'humoriste y aborde avec joie et ironie les grandes mutations de notre société : réseaux sociaux, nouveaux métiers déroutants, automatisation des services...
Un matériau comique puisé dans le quotidien
Le jour de notre rencontre, un petit vaudeville bancaire en coulisses lui fournit involontairement de la matière. « L'impersonnalisation des banques ? Ah oui, carrément ! », lance-t-elle, mi-amusée, mi-épuisée. Chez Roumanoff, l'actualité entre en scène avant même d'être digérée. Son spectacle fonctionne comme un miroir déformant et souvent très juste de nos vies.
L'alchimie de l'écriture et la liberté de la scène
« C'est très très long d'écrire pour que le mot soit juste et que le rire sorte », confie-t-elle. Mais une fois face au public, tout reste mouvant. Le spectacle respire, se transforme, s'ajuste. « Quand on est seul, on peut changer le texte, personne ne vous dit rien », explique celle qui tourne ce show depuis deux ans. Elle cultive cette liberté avec gourmandise, glissant même des improvisations, comme son imitation récente du porte-avions Charles de Gaulle.
Pas d'obligation, juste du sens
L'actualité n'est jamais une contrainte. « Je ne me force pas à parler de tous les sujets, il faut que j'aie quelque chose à dire ». Certaines blagues disparaissent quand elles perdent leur pertinence, comme une vanne sur Éric Ciotti après son élection à Nice. D'autres trouvent leur place si un angle original émerge, comme sur Jordan Bardella. Le cœur de son art réside dans ces personnages universels : une bouchère tiraillée entre une fille « woke » et un mari « pas déconstruit », un dîner qui dégénère à cause d'intolérances alimentaires...
Quarante ans de carrière et une vigilance constante
Après près de quarante ans de métier, cette figure marquante de la bande à Laurent Ruquier met en garde contre le piège du confort. « Le risque, c'est de se reposer sur ses certitudes. Dans l'humour, impossible. On a la sanction du public immédiate ». Une vérité brute, sans filet. Sur scène, elle aborde aussi des sujets sensibles comme les soignants, dont elle admire l'engagement. Pendant la pandémie, elle a créé une association qui a rééquipé 3 800 salles de repos en France.
Toujours en mouvement
« Je suis un peu en plein “qui suis-je” en ce moment », avoue-t-elle. Un nouveau spectacle est en chantier, tout comme un long-métrage qu'elle souhaite réécrire. Un roman sur ses origines familiales est aussi en gestation – elle a déjà écrit quarante pages sur ses grands-mères juives, l'une venue du Maroc, l'autre de Lituanie, qui lui ont transmis leur sens de l'adaptation.
Le public du Cannet découvrira le 18 avril cette matière vivante, en perpétuelle évolution. Un humour qui naît du réel, s'en nourrit, puis le transforme. Et qui, au fond, ressemble à son auteure : toujours en train de peaufiner et de rire, surtout.
Informations pratiques : Le 18 avril à 20h30 à La Palestre au Cannet. Tarifs : 40/45 euros. Renseignements : 04.93.46.48.88.



